CHAPITRE IV
LE CYCLE ET LÀ CHAINE d'oR DE LA POÉSIE
Je n'ai parlé jusqu'ici que des poèmes parvenus jusqu'à nous sous les noms d'Homère et d'Hésiode. Mais ces poèmes n'étaient qu'une gerbe dans le vaste champ mythologique de l'antiquité. Enuméronsbrièvementles monuments perdus de cette poésie primitive d'oii sortit toute la civilisation des âges postérieurs; la poésie, Tart, l'histoire, la philosophie semblent une autre chaîne d'or, dont le vieil Homère, comme Zeus au sommet de rOlympe, tient le premier anneau dans sa puissante main. C'est dans les cinq siècles qui s'étendent de la guerre de Troie au temps des Pisistratides, que s'accomplit cette œuvre immense de la poésie épique qui embrassait toutes les traditions religieuses et héroïques depuis l'origine du monde jusqu'à la mort d'Ulysse. U nous en reste des titres de poèmes et quelques noms d*auteurs sur lesquels les anciens eux-mêmes n'étaient pas toujours d'accord. Le cycle épique a été quelquefois attribué à Homère, comme l'atteste Proclos dans la vie de ce poëte. Dans sa Chrestomathie grammaticale, Proclos avait fait un résumé des légendes rapportées dans le cycle ; mais cette Chrestomathie ne nous est connue que par l'abrégé qu'en a donné Photios, et par quelques extraits contenus dans le manuscrit d'Ho-
mère qui est à TEscurial. Outre V Iliade j V Odyssée et les Hymnes homériques ^ la Théogonie, les Travaux et le Boticlier d'Hésiode, il nous reste à peine deux cents vers épars des nombreux monuments de la poésie primitive. Puisse l'avenir retrouver dans des palimpsestes ou des papyrus fossiles les membres dispersés de tant de poètes. Certes, pour voir ressusciter et s'offrir encore à la vénération du monde cette bible sainte de la poésie, je donnerais volontiers toutes les œuvres de la littérature contemporaine, y compris les miennes, bien entendu, si cet holocauste pouvait satisfaire « les Dieux inférieurs et la Mère des choses. »
Si on veut classer les poëmes épiques compris dans le cycle ou en dehors du cycle, selon l'ordre des événements qui s*y développaient, il faut commencer par ceux qui se rapportent à la religion, et citer d'abord les Théogonies, car il y en a eu plusieurs, puis les Ht/mn^^,la TUanomac/ii^d'Arctinos de Milet, ou d'Eumèlos de Corinthe, la Gigantomachie, les Catalogues d'Hésiode et peut-être d autres Héroogonies et Généalogies. Il faut y joindre divers poëmes sur Hèraklès, par exemple leBouclier, attribué à Hésiode, la Prise d^Œchalie, deCréophile deSamos, VHèraklée deKinaithonde Lacédémone. H y a eu aussi des poèmes sur Thésée, par exemple celui d'Hésiode sur la Descente de Thésée aux enfers, une Théséide mentionnée par Aristote, et l' Atthis ou Amazonia d'Hègèsinoos. On ne peut guère douter qu'il n'y ait eu des poèmes dionysiaques et argonautiques avant celui d'Onomacrite sur Dionysos et les
Titans, et celui d'Épîménide sur les Argonautes. Peutêtre l'histoire des Argonautes et de Médée étâit-eile racontée sous forme d'épisode dans les Corinthiaques d'Eumèlos, poème dont huit vers sont cités par Isaac Tzelzès*, et par le scholiastedePindare*. Dans Y^gimios, attribué à Hésiode ou à Kerkops de Milet, était également racontée, au moins épisodiquement, la légende des Argonautes et celle d'Io, dont les aventures formaient le sujet de la Phoronide, Le lien qui unit les fables d'Inachos, de Phoronée et de Danaos doit faire placer à côté de la Phoronide la Danàide^ poëme de cinq mille cinq cents vers.
La légende thébaine et quelques-unes des aventures de Dionysos paraissent avoir été exposées dans TEuropie d'Eumèlos, citée dans les scholies de V Iliade^. Il faut y joindre une Œdipodie de Kinaithon, composée de cinq raille six cents vers, et une Thébdide^ de neuf mille cent vers, que l'inscription borgienne attribue à Arctinos de Milet, tandis que, selon Fauteur du Combat d* Homère et d'Hésiode, elle était d'Homère, et comprenait sept livres. Le même auteur attribue aussiàHomère le poème des Êpigones, également en sept livres. Quelques-uns confondent les Êpigoiies avec Y AlcmaRonide; mais, dans un vers qui nous reste de YAlcmxonide, il est question de Zagreus, divinité dont le nom et le culte se répandirent assez tard chez les Grecs; on ne peut
* SchoL Lycophr., 174 et 1024.
2 Schol. Pindar., 01. xiii, 74.
3 Schol. lliad., vi, 150.
donc guère admettre que ce poème ait été attribué par les anciens à Homère. Il existait aussi une Minyade de Prodicos de Phocée, d'après laquelle Polygnote avait peint le séjour des morts dans la Leschè de Delphes; car, selon Pausanias, la Minyade^ aussi bien que Y Odyssée et les Retours, contenait des descriptions des enfers et des supplices des impies.
Nous arrivons enfin à la guerre de Troie, dont le commencement était raconté dans les Kj/pna, ou vers cypriens, poème en onze livres, attribué par les uns à Hègèsinos de Salamine, par les autres à Homère, par le plus grand nombre à Stasinos de Cypre. Ce poème contenait le récit des noces de Pelée, le jugement de Paris, Tenlèvement d'Hélène, le rassemblement de la flotte à Aulis, le sacrifice d'Iphigénie, transportée en Tauride par Artémis, la blessure de Philoctète, la mort de Palamède, le catalogue des peuples et le pillage de la Troade, à la suite duquel Achille reçut Sriséiset Agamemnon Chryséis, pour leur partde butin. Après les Kypria venait Y Iliade d*Homère, suivie ellemême de VMthiopidej poème en cinq livres, d'Arctinos de Milet : le dernier vers de V Iliade s'adapte au début de YMthiopide. Ce poème contenait le combat d'Achille et de Penlhésilée, la description des armes de Memnon, fabriquées par Hèphaistos, la mort 3e Memnon tué par Achille, et celle d'Achille lui-même tué par Paris et Apollon, enseveli par les Achéens, et pleuré par les Muses, et enfin la querelle qui s'éleva à l'occasion de ses armes. Le jugement qui termina cette
querelle était ei^posé dans la Petite Iliade de Leschès deMilylène,ou d'Homère selon le faux Hérodote. Après le jugement des armes et la mort d*Ajax, le poète racontait le retour de Philoctètë ramené de Lemnos, la mort d'Alexandre, le mariage de Deiphobos et d'Hélène, l'arrivée de Néoptolème, la fabrication du cheval de bois par Epéos, et enfin l'enlèvement du Palladium, et la retraite des Achéens à Ténédos, pendant que les Troyens introduisaient le cheval dans la ville. Aux fragments qu'on a de ce poème il faut ajouter trois vers cités par Noël Conti (Mythologie, VU, 13), que je n'ai trouvés jusqu'à présent dans aucune édition des Cycliques.
Après la Petite Iliade venait la Ruine de Troie ^ d'Arclinos de Milet, contenant la mort de Laocoon, l'artifice de Sinon, la prise de la ville, et les épisodes qui s'y rattachent, Priam et Astyanax massacrés. Cassandre violée, et Polyxène immolée. Ici se plaçaient les Retours, poème en cinq livres, d'Hagias ou Augias de Trœzène, ou de Colophon, qui contenait la navigation de Ménélas en Egypte, le meurtre d'Agamemnon, et le retour des autres chefs achéens, à l'exception d'Ulysse, dont les aventures, jusqu'à la mort des prétendants, forment le sujet de YOdyssée d'Homère. Enfin la suite de YOdyssée se trouvait dans la Télégonie , poème en deux livres d'Eugammon de Cyrène, qui formait le complément des aventures d'Ulysse.
La naissance de nouvelles formes poétiques ne fit pas abandonner l'épopée; on continua longtemps à
suivre la route ouverte par les vieux aœdes. Panyâsis écrivit un poëme sur Hèrakiès ; Antimaque, sur les légendes thébaines ; Pisandre, sur la guerre de Troie. Si Ton en croit Macrobe, le récit que fait Virgile de la ruine de Troie, l'épisode de Sinon, le cheval de bois, et tout le second livre de YÉnéide, serait une imitation, et presque une traduction du poëme de Pisandre. On ne peut vérifier aujourd'hui l'exactitude de cette assertion : il ne nous reste rien des anciens imitateurs d'Homère, non plus que des lyriques antérieurs à Pindare, qui abandonnèrent l'hexamètre pour des rhythmes plus courts et mieux appropriés à l'accompagnement musical. Chaque poète créait une forme qui gardait son nom : Alcée inventa la strophe alcaïque, Sappho la strophe sapphique. Presque tout cela est absolument perdu aujourd'hui. Qu'avonsnous de Stésichore, d'Archiloque, de Simonide, d'Alcman, dlbycos, et de tant d'autres? Il ne nous en reste guère davantage des poètes élégiaques, à l'exception de Théognis ; ce n'est pas le temps qu'il faut accuser de ce désastre, c'est l'impiété des hommes. Il paraît, d'après Chalcondyle, que c'est peu d'années avant la chute de l'empire byzantin qu'on détruisit, entre autres œuvres, celles d' Alcée, de Mimnerme et de Ménandre.
En lisant les très-courts fragments qui nous restent de Sappho et de Mimnerme j'ai souvent pensé que notre admiration pour les poètes latins devrait être reportée pour une large part sur leurs modèles grecs.
Plaute et Térence ont imité Ménandre et Épicharme, Virgile a imité Théocrite dans les Bucoliques^ Hésiode et Aratos dans les Géorgiques, Homère et les Cycliques^ Pisandre et Apollonios dans Y Enéide^ et je ne doute pas que, de même, Horace, Catulle, Tibulle et Properce n'aient imité des poètes grecs perdus aujourd'hui. ,
Les poètes grecs ont tout essayé; on peut dire que rien d'humain ne leur est étranger :
Nil intentatum Grxci liquere poetœ.
Ils ent chanté tous les sentiments de l'âme, jusqu'à celte mélancolie qu'on croit née d'hier et qui apparaît dans une foule de sentences de Théognis, et dans les courts et admirables fragments de Mimnerme sur la brièveté de la jeunesse. Plus souvent cependant, il faut le dire à leur louange, les poètes grecs, à la suite d'Homère, ont célébré les vertus viriles ; tel est le caractère de cette mâle poésie de Tyrtée, qui semble se rattacher à Ylliade^ et des hymnes populaires en l'honneur des héros, par exemple celui d'Alcée ou de Callistrate sur Harmodios et Aristogitoii. La jeunesse de la Grèce s'exerçait par.les dures fatigues de la palestre aux luttes salutaires de la vie politique. De tous côtés se célébraient des fêtes où tous les peuples de la Grèce étaient convoqués et qui leur rappelaient leur commune origine. Dans ces fêtes, qui consistaient en exercices gymnastiques, la poésie lyrique célébrait les noms des vainqueurs. Leur gloire s'é^
tendait à leurs concitoyens, et les poètes s'accoutumèrefnt à chanter moins Tathlète lui-même que sa patrie, les Héros de sa race, les Dieux fondateurs ou protecteurs de sa cité natale. Les odes de Pindare appartiennent réellement à la poésie religieuse, car les louanges des Demi-Dieux en forment le sujet principal; par exemple, la quatrième Pythique est remplie par la légende des Argonautes. Ces odes étaient récitées avec accompagnement de musique, au milieu des jeux sacrés; et aucun poète, après'Homère, ne fut plus populaire en Grèce que Pindare.
La religion consacrait l'amour de la patrie; le culte était toujours mêlé à la vie publique ; jamais la terre ne sembla si près du ciel. « Les Dieux, dit Platon^, pour reposer l'homme de ses travaux, ont institué des fêtes et ont donné les Muses, Apollon et Dionysos pour les présider. » De là vint le développement du culte de Dionysos, dont les fêtes, célébrées avec pompe, au retour du printemps et à l'époque des vendanges, firent naître une nouvelle forme poétique, qui appartient en propre à Athènes. On connaît les vers d'Horace sur les origines de la tragédie, qui ne fut d'abord qu'un développement du dithyrambe.
iEschyle et Sophocle, qui tiennent le premier rang parmi les poètes de tous les âges après le divin Homère, sont différents, sans être inégaux; il y a un art plus parfait dans Sophocle, un sentiment plus reli-
* Plat., de leg,, ii.
gieux dans iEschyle. Euripide, le troisième en mérite comme en date, préféra à l'antique majesté des types épiques la peinture variée des passions humaines, ce qui le fit appeler le plus tragique des poètes, et lui attira en même temps les reproches d'Aristophane, qui Taccusait de corrompre les mœurs. Les personnages d'iEschyle semblent des Titans, ceux de Sophocle des Héros, ceux d'Euripide des hommes; ou, si on veut chercher des analogies dans la sculpture, puisque les arts sont frères, on peut rapprocher les tragédies d'iEschyle de ces statues sévères qui, sans avoir la roideur archaïque de l'art égyptien ou étrusque, commandent le respect par leur simplicité grandiose : telles sont les figures des Troyens et des Achéens qui ornaient le temple de Zeus Panhellénien à iEgine, et qui sont maintenant dans la Glyptothèque de Munich. Les drames de Sophocle peuvent se comparer aux divins fragments enlevés au Parthénon, et qui sont au British Mmxum; ceux d'Euripide aux groupes des Niobides, au Laocoon, en un mot, à ces œuvres des grands artistes de la seconde époque, qui savaient faire vivre et palpiter le marbre, mais qui créaient plutôt des hommes que des Dieux.
L'art et la poésie, par une sorte de loi fatale, descendent peu à peu de Tidéal au réel, des Dieux à l'homme. L'équilibre dure une heure, heure rapide et toujours regrettée ; c'est le point occupé par Homère entre les vieux aœdes et les historiens, par Sophocle entre JEschyle et Euripide, par Phidias entre
Tart sginétique et Praxitèle. Dans les sculptures de Fécole de Phidias comme dans les vers d'Homère et de Sophocle, Fidéal et le réel se confondent; l'un est l'expression de l'autre ; sous les formes humaines on sent vivre la pensée divine. Aussi, quand il ât son Zeus Olympien, dont la beauté, selon Quintilien, raviva la piété publique, Phidias s'inspira d'Homère. De même Polygnote peignit dans le temple de Delphes des scènes de la guerre de Troie empruntées, selon Pausanias, à Homère et aux Cycliques. Ainsi la peinture et la sculptm'e, qui donnent un corps aux Dieux et aux Héros des poètes, doivent à l'épopée autant que la tragédie elle-même, dont le sujet est presque toujours une légende tirée des Cycliques et entremêlée de chœurs qui rappellent les hymnes sacrés.
Les chefs-d'œuvre de ces arts si étroitement unis eurent une destinée pareille. iËschyle avait écrit une centaine de tragédies, Sophocle à peu près autant; ils en reste sept de chacun d'eux. Les innombrables monuments de la peinture grecque ont entièrement disparu, aussi bien que les bronzes de Myron, le Zeus d'Olympie, l'Athènè du Parthénon, TAphroditè de Praxitèle, les œuvres de Lysippe et de Scopas, et tous ces temples remplis des merveilles de l'art, et ces statues d'airain ou de marbre plus nombreuses que le peuple qui les admirait, et ces tableaux que Pausanias a énumérés et décrits pour l'éternel regret de l'avenir : a Manibus date Ma pleuisi » Il n'y a|)as à accuser les barbares; ils ont à peine pénétré en
Grèce; ce sont les Grecs eux-mêmes qui, après avoir abandonné leur religion nationale, ont poursuivi avec une aveugle fureur les monuments de la piété de leurs ancêtres.
La comédie n'a pas été plus heureuse ; les œuvres de Ménandre et d'Épicharme sont entièrement perdues; des cinquante pièces d'Aristophane, onze nous restent comme spécimens de cette comédie ancienne pour qui Horace a montré une injuste sévérité. Mais le courtisan d'Auguste pouvail-il juger le poète d'une cité libre? L'ami d'un tyran ose à peine avertir son maître, bien moins encore le railler, tandis qu'Aristophane critique le peuple, rit à ses dépens et lui donne d'excellents conseils. Peut-on lui reprocher de s'être moqué des sophistes et des intrigants, lui qui ne craignait pas de plaisanter les Dieux eux-mêmes, sans qu'on l'ait jamais pour cela accusé d'impiété. Les Grecs jouaient la comédie dans les fêtes religieuses; ils croyaient ne pouvoir offrir aux Dieux, auteurs de tous biens, un spectacle plus agréable que la joie de l'homme. On retrouve quelquefois dans les chœurs la trace des origines religieuses de la comédie; l'hymne des initiés dans les Grenouilles en offre un exemple. Cependant la comédie a passé de l'Olympe au monde réel bien plus encore que la ti*agédie, et on ne peut la regarder comme une forme de la poésie sacrée.
Selon Âristote, la comédie est sortie du Margitès, poème homérique perdu aujourd'hui, comme la tra-
gédie est sortie de VIliade et de YOdyssée. Denys d'Halicarnasse remarque que déjà dans ces deux derniers poèmes Thersile, Iros et même Hèphaistos sont des personnages comiques. Les poètes dramatiques remplacèrent F hexamètre épique par le tétramètre d'abord et ensuite par le vers iambique, afin, dit Aristote, de rapprocher le ton du dialogue scénique de celui de la conversation. C'était une transition entre la poésie et la prose dont les trois formes principales, la Rhétorique, l'Histoire et la Philosophie, dérivent également de l'épopée. Les premiers modèles de l'art oratoire se trouvent dans les discours des personnages épiques imités par la tragédie ; les parabases d'Aristophane sont des discours du poète au peuple; aussi se composent-elles d'anapestes, rhythme clair et sonore qui convient à l'éloquence populaire. L'histoire est également sortie de la poésie épique, comme l'atteste Strabon, qui dit au commencement de son ouvrage que les premiers historiens, aussi bien que les premiers physiciens et mythographes, ne firent qu'imiter les poètes; ainsi, Cadmos, Phérécyde, Hécatée conservent toutes les allures des poètes, à l'exception du rhythme. Plutarque^ en dit autant des premiers philosophes. Hésiode, Orphée, Parménide, Xénophane, Empédocle, Thaletas avaient exposé leurs doctrines en vers, et ce n'est que plus tard que l'usage de la prose prévalut. Ainsi, quoique les historiens an-
* Plut., de Pyth. orac.
térieurs à Hérodote et les philosophes antérieurs à Platon ne nous soient connus que par quelques fragments, nous savons qu'ils différaient peu des poêles. Dans la Bibliothèque d'Apollodore on voit cités, à côté d'Hésiode et des Cycliques, Héçatée et Acousilaos, qui avaient écrit des Généalogies imitées des Catalogues d'Hésiode et dont les ouvrages partaient, xomme la Théogonie^ de l'origine des choses, aussi bien que ceux des philosophes antérieurs à Socrate. Hésiode peut être cité par ApoUodore comme un historien, par Plutarque comme un philosophe; car l'histoire et la philosophie se rattachent également aux poètes, premiers interprètes de la religion. On peut donc regarder la poésie sacrée comme la source première de tous les ails et de toutes les sciences de la Grèce.