ORPHÉE ET LES DERNIERS POETES
Le langage mythique des poètes étant de moins en moins compris, on accusa la religion populaire de donner une fausse idée de la nature des Dieux. Les philosophes, notamment Xénophane, Pythagore, Socrate et ses disciples rejetèrent les traditiohs antiques, condamnant surtout les poètes et leur reprochant d'enseigner des fables indignes de la majesté divine. Quelquesuns, comme Eyhémère, ne virent dans les Dieux de la Grèce que des hommes divinisés. La philosophie, en critiquant sans retenue les croyances nationales, en attaquant les poètes fondateurs de la religion, finit par renverser la religion elle-même. C'est d'ailleurs une loi générale et de tous les temps : toujours le présent réagit contre le passé et cherche à détruire son œuvre. Ceux qui regrettaient la religion des ancêtres crurent trouver dans les initiations un rempart capable de sauver la foi de jour en jour plus chancelante. Mais il semblait que la religion ne pût se passer du patronage de la poésie. On attribua à Orphée rinstitution des mystères ; les mythes héroïques étaient le prétexte de toutes les accusations contre la religion des poètes ; en opposant un poète à un autre, on admit
LÀ POÉSIE Sacrée. 91
que les enseignements religieux d'Orphée avaient été altérés par Homère..
Orphée eut bientôt sa légende fabuleuse, et de nombreux écrits se répandirent sous son nom. Onomacrite, poète contemporain de Pisistrate, attribua, dit-on, des poèmes composés par lui à Orphée, à Musée et à d'autres ancienspoétes. Cette fraudeeutbien desimitateurs, surtout parmi les pythagoriciens. Des opinions nouvelles s'abritaient sous l'autorité d'un nom vénéré. Il y eut une sorte de cycle orphique comme il y avait eu un cycle homérique ; plus tard, on supposa qu'il y avait eu plusieurs Orphées , et Suidas en donne la liste, mais d'autres n'en admirent aucun : « Selon Aristote, dit Cicéron % il n'y a jamais eu de poète du nom d'Orphée. Les poésies orphiques sont, dit-on, l'œuvre d'un pythagoricien nommé Cercops . » Si les anciens ont été souvent trompés par tant d'œuvres apocryphes, où les noms d'Orphée, des sibylles, des oracles servent à couvrir les opinions des philosophes et même des juifs et des gnostiques, il y avait aussi des esprits critiques qui reconnaissaient la main des faussaires.
Les vers orphiques qui nous sont parvenus doivent être rapportés à différents auteurs, et même à différentes époques. On a sous le nom d'Orphée deux poèmes, l'un, didactique, sur les vertus des pierres; l'autre, héroïque, sur Texpédition des Argonautes; un recueil d'hymnes et quelques fragments de poèmes
* Cic, de Nai. Dear.y i.
perdus, cités par différents auteurs. Pausanias dit, en parlant des hymnes orphiques, qu'ils étaient courts et inférieurs aux hymnes homériques par le mérite littéraire, mais qu'ils avaient un caractère plus religieux; seulement Pausanias ne fait pas de citation, et on ne peut affirmer que les hymnes dont il parle soient ceux qui nous sont parvenus.
Le prélude de ces hymnes contient une invocation sans ordre aux Dieux de la seconde époque, dont quelques-uns sont inconnus à Homère et à Hésiode, comme les Kourètes, les Korybantes, les Kabires, iEon (l'éternité), le Temps, Men, Attis, Ouiania ou l'Aphrodite céleste, Adonis, les Démons, la Providence et autres divinités des barbares et des philosophes. Par contre, il y est peu ou point question des Fleuves, des Nymphes et de la plupart des Titans. Viennent ensuite les hymnes à chaque Dieu, avec Tindication du parfum qui lui est consacré par les rites anciens. Ces hymnes se terminent généralement par une prière en faveur des initiés ; ce qui fait croire qu'ils ont été composés pour l'usage des mystères. Ils sont adressés aux Dieux énumérés dans le prélude, c'est-à-dire à la plupart des Dieux grecs; et de plus à quelques divinités philosophiques, comme le Premier-né, la Nature ; à desDieux barbares, comme Adonis, Sabazios, et à des divinités particulières à la religion des mystères, comme Hippa, Misé, etc. Le caractère commun de ces hymnes est de consister dans une suite d'épithètes, sans jamais contenir de récits épiques comme les hymnes home-
riques. C'est sans doute ce qui les faisait préférer à ceux-ci, sous le rapport religieux. La poésie orphique se borne à chanter les louanges des Dieux, sans leur donner le caractère de l'humanité. Seulement, à force de vouloir, par excès de piété, attribuer à chaque Dieu les énergies les plus diverses, on iinit par tout confondre; il n'y eut plus de différences que dans les noms, et la religion orphique aboutit bientôt à une divin ité unique, la Nature.
Il nous reste, comme je lai dit, quelques courts fragments de divers poèmes orphiques perdus, et particulièrement d'une Théogonie^ qui devait se rattacher à la fois à celle d'Hésiode et aux poèmes dogmatiques de Parménide et d'Empédocle. C'est probablement cette Théogonie orphique qu'Aristophane a parodiée dans la parabase des Oiseaux, car le dogme de l'œuf du monde appartient à la mythologie orphique. Le Dieu qui sort le premier de l'œuf, d'après cette mythologie, est appelé Protogonos, c'est-à-dire, premier-né ou premier générateur, Hericapaeos, mot dont le sens est incertain, ou plus souvent Phanës. Quelquefois ces noms sont remplacés par des noms de la mythologie populaire: Eros, Zeus, ou Dionysos. Il y a d'ailleurs une grande confusion. Dans les Argonautes orphiques (14 et 15) Eros est fils de Kronos et identifié avec Phanès; dans un fragment orphique cité par le scholiaste d'ApoUonios de Rhodes (III, 26), Eros est également fils de Kronos. Cet Amour qu'Hésiode et Acousilaos mettent au nombre des prin-
cipes du monde, dont Platon et d'autres philosophes ont tant parlé, et que les modernes appellent l'attraction universelle, se dépeint lui-même dans les Ailes de Simmias de Rhodes, comme un vieillard à la longue barbe, à la tète blanche, qui gouverne tous les Dieux. Souvent aussi Phanès est pris dans les Orphiques pour Dionysos, qui lui-même se confond avec Zeus et avec le soleil, autant qu'on en peut juger par les fragments cités par Macrobe *. Cette perpétuelle confusion des Dieux jette beaucoup d'obscurité sur la religion orphique.
Disons cependant quelques mots de Dionysos, dont les oi^ies et les mystères sont attribués à Orphée, et dont le culte finit par prendre tant d'importance que, dans la dernière période de l'Hellénisme, Dionysos était regardé comme le premier des Dieux. Selon YÉtymologicum magnum^ Pindare et la plupart des auteurs tirent son nom de AkJç et deNyssa. Dans l'hymne homérique, Nyssa est une haute montagne au delà de la Phénicie, près du fleuve d'Egypte. D'après VIliade * le Nyseion est en Thrace. Selon Pline, Nyssa est une ville de l'Inde voisine du mont Meros, dont le nom signifie cuisse en grec, ce qui aurait fait dire que Dionysos était né de la cuisse de Zeus. Le scholiaste d'ApoUonios de Rhodes dit h même chose. Le Mérou, la montagne sainte des Hindous, se trouve dans l'Ariane, pays dont le nom rappelle celui de l'épouse de
* Macrob., Satum.y i, 18.
* lliad,, VI, 133.
Dionysos, honorée à Naxos. L'ancien nom de Naxos était Dia ; il y avait aussi dans cette ile une Nyssa, et c'est peut-être de ces deux noms qu'est venu celui de Dionysos.
Cependant, malgréTassertion de Diodore sur l'antiquité du culte de Dionysos dans l'Inde, Strabon, Eratosthénes, et plusieurs autres, ont soupçonné que son expédition dans l'Inde n'a été imaginée qu'après les victoires d'Alexandre. On ne devrait donc chercher l'explication de son nom que dans la langue grecque. Cornutus le tire de Statvetv; YEtymologicum mûgnum àTzo 'zou Aibç ucTOÎÎç xspdvvuffOai, 9) Sxt Atbç uovroç l'^iy^^. On lit dans
Suidas : « 'Tyjç, épithète de Dionysos, selon Clidème, parce qu'on lui sacrifie quand le Dieu pleut. » Phérécyde appelle Semelè, Hyè, et les nourrices de Dionysos, Hyades. Ce serait donc de 5£iv, pleuvoir, qu'il faudrait faire dériver At^vuaroç, qui serait alors la pluie divine, le principe humide de Téther, la semence féconde du ciel. Hyès est une épithète commune à Zeus et à Dionysos, qui dans les Orphiques sont un seul et même Dieu : c< Brillant Zeus, Dionysos, père de la mer, père de la terre. » Cette pluie née au milieu des foudres, est dispersée par les vents; de là vient peut-être la fable de Dionysos déchiré par les Titans à l'instigation d'Hère. La Terre, recueillant les membres dispersés de Dionysos, c'est-à-dire les gouttes de la pluie, produit les plantes, et le Dieu nait une seconde fois. Car aussitôt que la terre a reçu les semences célestes, les bourgeons se gonflent^ la sève monte dans les bran-
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ches de la vigne, et bientôt les fruits mûrissent, les grappes se dorent, et la rosée du ciel devient le vin. Le vin est une transformation de la pluie divine; c'est encore Dionysos, qui a réellement deux mères, TEau ou plutôt l'humidité, et la Terre. Hyè et Thyonè sont deux noms de Semelè, et selon Diodore de Sicile Thyonèest un ancien nom de la Terre. Dans un fragment d'ApoUodore, on lit que Dionysos est fils de Zeus et de la Terre, appelée Themelè, la base, le fondement des choses, et par altération, Semelè. Dans les mystères d'ÉIeusis, Iakchos, un des noms de Dionysos, est le fils de Dèmèter.
Les mystères lui attribuaient même une troisième mère, Perséphonè, comme on le voit par les hymnes orphiques; il était défendu de la nommer, parce que les profanes auraient pu accuser Zeus d'inceste ; mais à une époque où le secret des mystères était à peu près divulgué, Nonnos raconta dans ses Dionysiaques Tunion de Perséphonè avec Zeus changé en serpent, ou la fécondation des plantes par les eaux pluviales qui serpentent autour de leurs racines, et leur font produire Dionysos, c'est-à-dire les fruits. Mais le développement des fruits correspond aux phases de la révolution solaire; aussi Dionysos est-il souvent pris pour le soleil. Selon Y Etymologicum magnum, Dionysos et le soleil sont confondus chez les Ëléens. Macrobe* ci le un passage d'Euripide où Dionysos est identifié avec Apollon, et il ajoute : « C'est un point
' Macrob., Saturn., i, 18.
reconnu dans la religion des mystères que le soleil, dans rhémisphère supérieur ou diurne, s'appelle Apollon, dans Thémisphère inférieur ou nocturne Dionysos, c'est-à-dire Bacchus. » Un peu plus loin il cite un vers orphique qui établit clairement l'identité de Dionysos et du soleil : <x Le soleil, qu'on surnomme Dionysos. » En sa qualité de soleil de nuit ou d'hiver, Dionysos est mis au nombre des Dieux inférieurs, et invoqué à ce titre dans Thymne orphique LUI, où il est associé à Perséphonè. Ce Dionysos infernal est souvent appelé Zagreus, et se confond avec Adès, selon Hésychios. La résurrection du soleil et des fruits servait de base au dogme de l'immortalité de l'âme dans la religion des mystères.
Quelques divinités des barbares hirent peu à peu assimilées à Dionysos. « II parait, dit Macrobe, que dans laThrace Bacchus, identifié avec le soleil, est adoré sous le nom de Sebadius (Sabazius?) et qu'on y célèbre ses fêtes avec une grande pompe. » Selon Hé* sychios, Sabos est le nom d'un fils de Dionysos ; dans l'hymne orphique qui lui est adressé, Sabazios est fils de Kronos et père de Dionysos, par conséquent le même que Zeus. Le Dieu égyptien Osiris est rapproché de Dionysos par Hérodote. Dans F hymne orphique à Misé, Dionysos-Misè, divinité androgyne, a pour mère Isis. On a également rapproché de Dionysos le Dieu syrien Adonis, qui comme lui meurt et ressuscite. Plularque prétend même * en s'appuyant sur quel-
* V\ut. fSympos.f iv, 6.
ques raisons assez futiles, que le Dieu des Juifs n'est autre que Dionysos. ]\1acrobe applique également à Dionysos quelques \ers qu'il attribue à roracle de Claros et dont le sens est que le même Dieu se nomme Adès en hiver, Zeus au printemps, le Soleil pendant Tété, et lao en automne ; mais cet oracle paraît Tœuvre de quelque faussaire gnostique.
La religion de Dionysos prit tant d'importance, qu'on le regardait comme le successeur futur de Zeus; c'était une des croyances orphiques ^ Le caractère dominant de toute cette doctrine est, comme je l'ai dit, la confusion des attributs spéciaux des Dieux; on la croirait transportée des fureurs de Dionysos, sa divinité principale ; toutes les distinctions s'effacent, le mâle et la femelle, le père et le fils s'absorbent dans une divinité unique, la nature ou l'âme du monde. Ce Dieu unique est célébré sous le nom de Zeus dans un fragment orphique cité par Aristote, Apulée et Proclos, et commençant par : « Zeus est le premier; Zeus, maître de la foudre, est le dernier. » Quelquefois, par exemple, dans l'hymne de Cléanthe, Zeus est en dehors du monde, il le domine et le gouverne. Souvent aussi, comme dans le discours de Julien au roi-soleil et dans les Saturnales de Macrobe, le Dieu unique est le soleil .
Cette corruption complète de la religion primitive fut surtout l'œuvre des philosophes qui mettaient
* Clympiodor., Comm. in Phœdon.
leurs opinions à Tabri de l'autorité des poètes, mais elle fut hâtée par les Égyptiens, les Juifs, les Phéniciens et les autres étrangers qui affluaient à Alexandrie. En même temps qu'elle oubliait sa religion nationale, la Grèce avait perdu sa liberté, sa force et son génie ; d^ le siècle d'Alexandre, les lettres émi* grèrent d'Athènes à Alexandrie. La poésie n'était pas morte encore; mais, au lieu d'entretenir les vertus républicaines, elle ne pouvait offrir qu'une consolation dans la servitude. La stérile vieillesse, qui se nourrit de souvenirs plutôt que d'espérances^ aime à suivre les routes déjà parcourues; aussi les poètes alexandrins, au lieu de chercher des sujets nouveaux, se bornaient-ils à reprendre les vieilles traditions épiques. Parmi eux, il faut citer en première ligne le prince de la pléiade, Gallimaque, dont il nous reste, avec quelques épigrammes, six hymnes d'un style élégant sur Zeus, Apollon, Artémis, Dèmèter, l'Ile de Dèlos et les bains de Pallas ; puis ApoUonios de Rhodes, auteur d'un poème sur les Argonautes, imité par Valérius Flaccus, et quelquefois par Virgile ; Aratos, qui suivit avec bonheur la voie de la poésie didactique ouverte par Hésiode, et Lycophron, dont le poème obscur atteste combien le génie grec était loin déjà de la simplicité native. Rappelons, pour ne rien omettre de ce qui touche à la poésie sacrée, les poètes bucoliques, Théocrite, Bien et Moschos. Moschos raconta l'enlèvement d'Europe, Bion et Théocrite célébrèrent Adonis, Dieu barbare, mais adopté depuis longtemps
par les Grecs. Enfin, n'oublions pas Simmias de Rhodes, quoiqu'il ne nous reste de lui que quelques courts logogriphes.
Quand presque toutes les nations se furent noyées dans le gouffre de l'empire romain, le repos devint l'unique besoin des âmes vieillies, et aux agitations de la liberté on préféra la sécurité dans l'esclavage. Alors, comme les idées religieuses correspondent toujours aux formes politiques, dans le ciel comme sur la terre on admit l'unité de pouvoir. La religion nationale, abandonnée pour de nouvelles croyances empruntées aux races barbares, entraîna dans sa chute les lettres et les arts qui avaient grandi à l'ombre des temples. Comme le cygne « qui, sur les rives du Caystre, chante sa mort d'une voix défaillante, » la poésie condamnée entonna son hymne de mort, et, répétant les airs qui avaient bercé son enfance, elle célébra encore les souvenirs de la guerre de Troie. Kointos rassembla les principaux traits de la légende troyenne dans un poëme qui sert de lien entre V Iliade et TOdyssée. Son respect religieux pour Homère permet de lui appliquer le mot de Quintilien : « C'est une ambition digne d'un grand esprit, non pas de lutter contre Homère, car la lutte est impossible, mais d'en comprendre les beautés. » Colouthos et Tryphiodore suivirent la même voie avec moins de talent. Après eux, Nonnos de Panopolis accumula des légendes de toutes le^ époques dans ses Dionysiaques, poëme d'une versification très-soignée, et dont l'étendue égale presque
celle de Y Iliade et de YOdpsée. Malgré um excessive recherche d'expressions et un abus fatigant d'amplifications oratoires, ce poème mérite des éloges pour Télégance du style. Comme une victime qu'on orne de fleurs et de bandelettes avant le sacrifice, il semble que les derniers poètes, Claudien chez les Latins, Monnos chez les Grecs, aient voulu parer la Muse d'une toilette royale pour son dernier triomphe. Elle dédaigne les plaintes et les larmes qui altéreraient sa beauté; elle connaît la destinée, et veut moiirir comme elle a vécu, au milieu des chœurs de danse et des joyeuses mélodies.
Proklos est le dernier des hiérophantes et le dernier des poètes ; le christianisme était depuis longtemps la religion de Tempire et du monde, quand Procklos se proclamait le prêtre de tous les Dieux. Rien n'est plus respectable que cette foi obstinée à des croyances mortes, et les partisans des idées nouvelles peuvent s'incliner sans crainte devant ces derniers défenseurs du passé : le dévouement à une cause vaincue n'est pas contagieux. Les hymnes de Procklos, dans lesquelles la philosophie et la religion se réconcilient, sont la dernière étincelle d'une flamme mourante; aux temples renversés il fallait l'adieu d'une voix amie, poétique offrande plus chère aux Dieux que les hécatombes. Ni plaintes, ni malédictions contre les autels victorieux de la religion nouvelle, ni reproches amers aux peuples ingrats ; rien qu'un hymne funèbrtp aux Dieux oubliés, chant solitaire que nul écho ne répé-
tera , prière suprême de leur poète fidèle, qui de. mande aux Muses de le préserver de l'universel égarement, et de le conduire à la pure lumière par la route sacrée de Finitiation. Tel est le testament de la vieille religion morte, telles sont les dernières paroles du dernier prêtre des Muses; comme elles avaient recueilli les premiers vagissements de la poésie^ elles devaient aussi conduire son cortège funéraire au seuil de la grande nuit.