‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 107 sur 188 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Comment Plotin parvient à rattacher à ses abstractions une suite d' hypothèses qui le conduisent au monde réel.

Par sa définition du premier principe , Pio-

Ig8 DU POLYTHÉISME.

tin s'est éloigné de son but; il a perdu le fruit de la personnification qu'il s'était permise : comment fera-t-il de sa métaphysique une religion? Comment mettra-t-il en rapport avec la portion de notre nature qui a le plus besoin de couleur, de chaleur, de mouvement (et qui est le plus avide de trouver dans l'être qu'elle adore , une individualité qui corresponde à la sienne), un être purement négatif, qui ne présente aucune idée à l'esprit, qui se dérobe à tous les élans de l'âme; en un mot, l'abstraction la plus nue, la plus décolorée, la plus froide et la plus vague? Sa position est triste et bizarre, vu le terme qu'il doit atteindre. Pour parler au sentiment , il n'a d'instrument que la logique , instrument indocile et surtout infidèle , qui tantôt se brise et tantôt réagit contre qui l'emploie.

La philosophie d'Alexandrie sort de cet embarras en empruntant des religions sacerdotales une foule de suppositions qui ne s'accordent nullement avec son système, et qu'il n'y associe que par des subtilités dans lesquelles il nous serait impossible de le suivre, sans fatiguer la patience du lecteur. INous nous bornerons donc à rapporter des assertions qui for--

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