‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 12 sur 188 · LIV. X. CllAP, ir · texte numérisé non relu

LIV. X. CllAP, ir

mettre en ordre , et ce fat à cette bibliothèque que les Romains durent la connaissance des ouvrages d'Aristote, dont Andronicus suivait la doctrine. Caton d'Utique, tribun militaire en Macédoine, fit un voyage en Asie, dans le seul espoir d'obtenir du stoïcien Athénodore qu'il abandonnerait sa retraite de Pcrgame, et viendrait le consoler des ennuis et du tumulte des camps. Enfin Cicéron, pendant sa longue, active et glorieuse carrière, ne cessa de consacrer à la philosophie tous les momens qu'il put dérober à ses devoirs d'orateur, de soldat et de citoyen. Dès son enfance, intime ami de Diodore , disciple ensuite de Posidonius et de Panétius , et protecteur de Cratippe , il répétait qu'il devait ses talens et son éloquence même, bien plus à la philosophie qu'à la réthorique (i). Mais les esprits qui se livraient ainsi avec enthousiasme à la philosophie n'étaient point préparés , pour la plupart , à des spéculations abstraites , par des études antérieures ; il en résulta que la philosophie pénétra dans la tète de ces nou-

(i) Fateor nie oiatoiem, si modo si m , aut eliam quicuiuque sim , non ex riietoi uni oflicinis , sed ex Acadeniia; Spaliis exliisse. Oraf. ch, 3.

veaux disciples , pour ainsi dire , en masse et dans son ensemble. Elle ne s'identifia pas avec le reste de leurs opinions , et son influence fut à la fois plus forte et moins continue qu'en Grèce ; plus forte dans les circonstances importantes, dans lesquelles l'homme , jeté loin de la routine et des habitudes , cherche des appuis , des motifs ou des consolations extraordinaires ; moins continue , parce que la philosophie, lorsque rien ne troublait l'ordre accoutumé , redevenait pour les Romains une science qu'ils avaient apprise, plutôt qu'une règle de conduite applicable dans tous les instans de la vie sociale. Nous n'apercevons à Rome aucun individu qui se soit uniquement occupé de spéculations philosophiques, comme les principaux sages de la Grèce, mais, de l'autre part, nous ne voyons en Grèce presque personne qui ait su tirer de la philosophie des secours aussi puissans que les illustres citoyens de Rome , au milieu des camps, des guerres civiles , des proscriptions et de la mort. Ce n'est pas que plusieurs philosophes grecs n'aient supporté les persécutions avec un grand courage; mais ce courage était une partie des devoirs de leur

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