‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 13 sur 188 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la manière dont les Rojnalns se partagèrent entre les différentes sectes pliilosopliiques.

Les Romains se partagèrent plutôt entre les systèmes qui se présentèrent à eux qu'ils ne les analysèrent. Cependant toutes les sectes ne trouvaient pas auprès d'eux une faveur égale. Bien que l'épicuréisme eût eu l'avantage d'être exposé en très beaux vers par Lucrèce , il fut d'abord repoussé par un sentiment presque universel, ce fut moins à cause de la morale dont on ne prévoyait pas encore toutes les conséquences , que parce qu'il recommandait à ses disciples une vie spéculative et retirée , libre de la fatigue et du danger des affaires. C'est en effet le principal reproche que Gicéron adresse à la phi-

losophie épicurienne, qu'il poursuit d'ailleurs, dans ses ouvrages, d'un blâme sévère (i). Les citoyens d'une république ne peuvent concevoir l'oubli de la patrie^ parce qu'ils en ont une. Ils considèrent comme une faiblesse coupable cet éloignement pour toute carrière active, qui, sous le despotisme, devient le besoin, le salut et la vertu de tous les hommes indépendans et intègres.

La philosophie épicurienne eut cependant pour élève un Romain illustre. Je ne veux pas parler d'Atticus (2), caractère équivoque et double, sans principes et sans opinions, délicat dans ses relations privées , mais insouciant sur les intérêts publics, plaçant son impartialité dans l'indifférence, sa modération dans l'égoïsme, production d'un siècle qui s'affaiblissait, avant-coureur certain d'une dégradation peu éloignée , et donnant un exemple d'autant plus funeste que, sous des formes élégantes, il apprit à la foule, encore indéciseet vacillante, comment chacun pouvait

(1) Piecubiius iii lioiUilis inollilcr et delicaliilo nos JvocalFpiciiius ioslris,;i jiitliciis, ;icmi;i, de Oraf.Wl. (•i) Coin. Nopos, in Allico.

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