‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 122 sur 188 · CHAPITRE XVin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVin

Que , malgré cet enthousiasme , le nouveau platonisme ne pouvait avoir de succès durable,

A la vue de cet enthousiasme universel , dont nous venons de citer tant de preuves , l'on s'étonnera sans doute que le nouveau platonisme n'ait eu qu'un succès incomplet et passager. C'est que, malgré ses efforts , il ne satisfait qu'imparfaitement la tendance vers l'unité. Il offrait bien à l'esprit une unité philosophique, mais l'âme n'y trouvait point l'unité religieuse dont elle avait besoin.

Par cela seul que Plotin parlait d'une abs-

traction , il n'arrivait pas au théisme , qui aurait pu fonder une religion, mais au panthéisme qui ne pouvait fonder qu'une philosophie.

Lui-même le reconnaît en divers endroits. Tout paraît, dit-il , n'être au fond qu'une seule substance, qui n'a de divisions et de différences que dans nos propres conceptions.

Nous n'en apercevons que quelques parties , dont, par ignorance et faute de pouvoir embrasser l'ensemble,- nous faisons des êtres réels (i).

Ce n'était pas que les nouveaux platoniciens ne se rapprochassent souvent du théisme dans leurs expressions de la manière la plus manifeste. Le même Dieu, ou , pour mieux dire ^ l'Etre -Suprême , affirme Jamblique , a plusieurs noms, suivant les différentes fonctions qu'il exerce. Comme créateur de toutes choses, on l'appelle Ammon; comme les ayant achevées et perfectionnées, on l'appelle Plithas; comme l'auteur de tout ce qui est beau et utile , on l'appelle Osiris.

Mais, malgré cette profession de foi formelle , le premier principe de toutes choses,

(t) Emneatl. YI. 2-3.

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