‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 130 sur 188 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etat de la religion des Hébreux à l'époque où elle donna au inonde le signal du théisme.

Si le théisme des Hébreux s'était présenté aux nations , détachées du Polythéisme, sous les formes qu'il avait revêtues à son origine chez le peuple qui le professait, il est douteux qu'il eût obtenu le succès qui en a fait la croyance universelle de tous les peuples civilisés. Des esprits, accoutumés à toutes les subtilités d'une philosophie qui avait rafTiné sur toutes les combinaisons des idées et sur toutes les formules de la dialectique , auraient vraisemblablement rejeté une doctrine , dont la simplicité dogmatique imposait des articles de foi au lieu de présenter une série de raisonnemens. L'absence presque totale de notions sur la nature de l'âme et sur limmortalité aurait blessé ces mêmes esprits, préparés par le platonisme à se livrer à des espérances et à se lancer dans des hypothèses sur l'existence future de l'homme. Le caractère du Dieu des Juifs, représenté comme despotique, ombrageux et jaloux , n'aurait pu s'accorder avec

les conceptions plus douces ou plus abstraites des sages de la Grèce. La multitude de rites, de cérémonies et de pratiques prescrites aurait fatigué des hommes dont les plus religieux pensaient que le culte intérieur et la pureté de la conduite étaient le genre d'hommages le plus agréable à l'Etre-Suprême. Enfin la morale même du judaïsme , qui ferait de l'assentiment à certaines propositions la vertu principale et indispensable , aurait contrasté trop fortement avec les principes de tolérance universellement répandus.

Mais les Juifs , initiés depuis long-temps , et surtout depuis leur séjour dans Alexandrie, à toutes les discussions de la philosophie, avaient fait, dans cette carrière , des pas égaux à ceux des philosophes païens. Ils ne s'étaient pas montrés moins subtils qu'eux dans les recherches métaphysiques ; et, vers l'époque où le christianisme parvint , le judaïsme avait subi des modifications suffisantes pour que la doctrine qui sortait de son sein pût attirer la curiosité , fixer l'attention , et bientôt captiver le suffrage d'un grand nombre d'hommes éclairés.

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