‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 131 sur 188 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De l' apparitmi du théisme et de la forme sous laquelle il se présente.

Comme nous n'écrivons point une histoire, tout ce qui concerne les faits relatifs à l'établissement de la religion qui a fait triompher le théisme doit être écarté de notre ouvrage. Nous n'avons ici à indiquer que la forme sous laquelle le théisme se présente lorsqu'il n'est plus une simple hypothèse de philosophie , mais qu'il a rallié autour de lui des partisans zélés, convaincus, qui veulent en faire une institution.

Une religion naissante ne peut être adoptée que par des esprits passionnés : elle ne peut avoir les mêmes caractères qu'une doctrine philosophique, à laquelle seraient parvenus, par des réflexions calmes et paisibles , des hommes voués à l'étude, à l'examen, et par-là même au doute. Les principes abstraits des deux opinions fussent-ils pareils, la manière de les exposer doit être différente ; une révélation ne peut s'enseigner comme une hypothèse. Les apôtres d'un culte nouveau ne

sauraient avoir cette impartialité, mêlée d'indifférence et de scepticisme, trait distinctif ^j^^^^ et mérite principal , qui , sans une religion ancienne et ébranlée, se sont éclairés par le raisonnement et ont acquis, par l'expérience de leurs erreurs, une juste défiance de leurs forces.

Sa forme est dogmatique , son langage véhément : la tolérance , qui est la maxime universelle du siècle , ne peut lui paraître qu'une lâche apostasie ou une tiédeur coupable.

Cependant cet esprit dogmatique que le théisme manifeste au moment de sa naissance, ne s'exerce encore que sur les opinions et non sur les rites. Le sentiment religieux, affranchi de toute forme , semble jouir de sa liberté , et témoigne une grande répugnance à se plier sous une forme nouvelle. Heureux d'avoir retrouvé des axiomes infaillibles et des vérités incontestables , il savoure avec transport la douceur de croire ; mais il repousse ces symboles dont il n'éprouve pas le besoin , ces pratiques qui lui paraissent indifférentes ou superflues , appuis artificiels que réclament les cultes vieillis. Il ne veut point de sacerdoce.

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