‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 142 sur 188 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Disposition des prêtres du Polythéisme expirant envers le théisme.

L'adoption indéfinie des divinités nouvelles étant dans la nature du Polythéisme en général, et l'idée d'un Dieu suprême, source et créateur de toutes les autres divinités , étant dans la tendance du Polythéisme à cette époque particulière, ses ministres éprouveraient peu de répugnance à transiger avec le théisme qui se présente. Mais cette transaction est incompatible avec la nature du théisme. C'est en vain que les prêtres de l'ancienne religion offrent à la croyance nouvelle , de placer son Dieu parmi leurs divinités antiques. Cette croyance, par ses refus dédaigneux et répétés, les force à combattre, tandis qu'il eût été dans leurs intentions de négocier.

On a su gré, de nos jours, au Polythéisme de cette tolérance, de cette douceur, de ces intentions conciliatrices , et eu effet , à cette

époque , désarmé qu'il est ou plutôt anéanti par une longue succession d'oulrages et de défaites, il est certainement plus modéré, plus débonnaire que le théisme. Mais c'est que le théisme existe, tandis que le Polythéisme n'existe plus. Sa longanimité, sa complaisance, toutes ces qualités que l'on admire , ne sont en lui que les vertus des morts. Les hommes recommencent à lutter, parce qu'ils recommencent à vivre ; et, loin de chercher dans cette lutte un sujet d'accusation contre le théisme, il faut lui rendre grâce au contraire d'avoir ranimé la vie de l'âme, et réveillé la puissance des tombeaux.

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