‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 147 sur 188 · LIV. XVII. CHAP. VII. ii · texte numérisé non relu

LIV. XVII. CHAP. VII. ii

saient des inspirations divines et miraculeuses, et ne pouvaient refuser de comprendre le cliristianisme parmi les doctrines communiquées à l'homme par cette voie. Les chrétiens , dont plusieurs avaient été adonnés à la philosophie avant leur conversion , voulaient se servir des argumens qu'elle leur suggérait, et répugnaient à abandonner les avantages et le déploiement de leur science. 11 en résuha que ce ne fut plus sur le fond de la doctrine que les deux partis s'attaquèrent, mais sur l'abus qu'ils s'accusèrent d'en faire réciproquement. Les philosophes disaient aux chrétiens que le fondateur de leur secte avait été probablement inspiré; mais que ses adhérens l'avaient mal compris, et avaient surtout glissé, de leur propre autorité, parmi ses préceptes, leur intolérance insensée et inexcusable contre toutes les opinions différentes de la leur. D'un autre côté, les chrétiens ne niaient point qu'il n'y eût dans la philosophie grecque et surtout platonicienne des vérités importantes et divines; mais ils affirmaient que les premiers philosophes grecs les avaient empruntées des livres de Moïse, et reprochaient aux philosophes leurs contertiporains,

de ne pas reconnaître cette origine. Ainsi les opinions en elles-mêaies étaient très voisines d'un amalgame , mais leurs défenseurs respectifs étaient les ennemis les plus acharnés.

Aussitôt que les philosophes avançaient une opinion opposée de quelque manière au christianisme , ils étaient en butte à l'indignation la plus violente et la plus injurieuse de la part des chrétiens , et dès lors l'amourpropre et tous les sentimens personnels devaient rendre la rupture inévitable. Plotin avait écrit contre les gnostiques, que l'on considérait comme une secte, plutôt philosophique que religieuse (i). Porphyre, en commentantet en défendant son maître, se trouva entraîné à attaquer quelques opinions du christianisme, et la guerre commença pour ne plus finir.

Il y avait un autre rapport sous lequel la philosophie et le christianisme ne pouvaient s'entendre. Laphilosophie considérait l'homme comme une partie du monde, dans lequel il existait; le christianisme déclarait l'homme le centre du monde , et le monde créé uni-

(i) Matlei', Hii/oire crifique du G?ios/icisme , t. Il,

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