LIV. XVII. CHAP. VIII
donnatrice et conservatrice de tout l'univers visible.
— Julien se considérait comme sous la protection spéciale du dieu Hélios et comme destiné à relever le monde visible de la dégradation dans laquelle il était tombé , et à le remettre en communication avec lesdieux invisibles par le rétablissement du culte.
— Julien ne pouvait se déguiser que son système était en opposition avec le Polythéisme tel qu'il avait existé , et même tel qu il avait la volonté de le rétablir, et il s'épuisait en efforts pour rallier et pour faire disparaître cette opposition. Dans l'auteur suprême de toutes choses , disait-il , tout est unité , tout est perfection ; mais cette unité , cette perfection ne peuvent se conserver dans la création , où tout est partiel et morcelé. Des effets différons ne peuvent avoir été produits par une même cause : l'ensemble éternel et immuable indique par-là qu'il est l'ouvrage du créateur universel. Les choses matérielles , variables et passagères sont l'ouvrage des dieux inférieurs (i). Ces dieux inférieurs, ayant reçu
(0 Jul. Ap. CyriU. lib. II.
du créateur des âmes douées d'immortalité» ont créé des hommes à leur image. Chaque nation est sous l'empire d'un dieu particulier, dont elle manifeste le caractère par son genre de vie , et qui a présidé aux institutions et aux lois qui la distinguent. On voit que Julien apportait ainsi comme preuve de la vérité du Polythéisme, ce qui , en effet, a été la cause du Polythéisme, les phénomènes discordans que l'homme, dans son ignorance , n'a pu attribuer à une seule volonté. Julien se servait ensuite de cette hypothèse pour inculquer le respect pour les traditions anciennes. J'évite , écrivait-il au grand-prêtre Théodore (i) , les inno'/ations en toutes choses , surtout dans celles qui regardent les dieux. Je crois qu'il faut observer les lois et les institutions primitives de chaque pays , parce que les dieux les ont données. Que quelques-uns , dit-il en parlant d'une ancienne tradition (2) , parmi les hommes qui se prétendent plus sages que les autres, regardent cette tradition comme un conte puéril , j'aime mieux en croire nos an- Ci ) Ey.GS.
r 2 ") Oratio A .