‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 164 sur 188 · LIV. XVIII. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIV. XVIII. CHAP. II

d'opinions, et peut de la sorte se trouver reportée successivement vers toutes les formes de croyance religieuse. C'est une erreur. Lliomme ne rétrograde sous aucun rapport, et, dans la religion comme dans tout ce qui tient à la pensée, il est impossible de lui imprimer une impulsion différente de l'impulsion progressive.

Les mêmes causes qui l'ont conduit à l'idée d'un Dieu unique rendent son retour vers le Polythéisme impossible. Il ne faut pas prendre pour des pas en arrière et dans la direction du Polythéisme , quelques superstitions qui placent sous le théisme des intermédiaires et des génies inférieurs.

Le Polythéisme repose sur l'ignorance des causes physiques aussi long-temps que ces causes sont inconnues à l'homme , et lui semblent discordantes. Il peut imaginer des êtres puissans , des volontés divisées ; mais l'observation de la nature lui apprend enfin que tout est soumis à des lois immuables. Alors la nature physique est soumise à l'action des dieux. Le Polythéisme perd dès lors son plus ferme appui ; la morale y pénètre. Mais cette association de la religion avec la mo-

raie, association qui est dans les ponchaus de l'hoiiiine, ne s'accorde qu'imparfaitement avec les principes du Polythéisme , et ne compose point sa véritable puissance. Elle pousse au contraire l'homme vers le théisme, en l'obligeant *à introduire dans le mode d'existence de ses dieux des changemens successifs qui sapent le Polythéisme par degrés. La religion, considérée comme une protection de plus accordée à la morale , tend à l'unité, parce que cette protection est d'autant plus efficace et constante que la volonté divine est une et invariable.

Aussitôt donc que la connaissance des règles de la nature physique rend superflue et même inadmissible lintervention journalière des êtres surnaturels , la chute du Polythéisme est infaillible et son règne est fini pour jamais.

Quelques apparences de retour au Polythéisme , dans quelques superstitions subalternes , après l'établissement du théisme , ont fait croire à des hommes éclairés que l'esprit humain suivait une route circulaire ; mais, l'idée d'un Dieu unique et suprême faisant la base de la religion dans le théisme, l'adoration*

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