‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 167 sur 188 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la supériorité du Théisme sur le Polythéisme.

De toutes les révolutions qui ont eu lieu dans les conceptions de l'esprit humain, lune des plus importantes, indubitablement, est le passage du Polythéisme au théisme. Ce passage a sang doute occasioné, comme toutes les grandes révolutions , une lutte violente, et et par-là même de grands maux, dont plusieurs se sont prolongés long-temps après que la révolution était consommée.

L'intolérance qui , durant le règne du Polythéisme, paraissait une exception à ses principes fondamentaux, est devenue, pendant long-temps, Tesprit permanent du théisme. Le sacerdoce s'est arrogé une autorité illimitée sur les peuples mêmes qui avaient auparavant échappé à son despotisme; la morale a été corrompue et dégradée ; les facultés de l'esprit ont été condamnées à rester immobiles , et n'ont reconquis, nous ne disons pas leur indépendance qui leur a toujours été disputée, mais le droit d'exister, qu'à travers une persécu-

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tion dont les hommes les plus courageux et les plus éclairés de chaque siècle ont été victimes.

L'on ne peut hésiter cependant à reconnaître , dans le passage du Polythéisme au théisme , un pas de Tintelligence ; et , ne fût-ce que sous ce rapport, nous devrions déjà le regarder comme ayant préparé une époque d'amélioration et de bonheur pour les hommes.

La transition du Polythéisme au théisme étaitnécessaire; elle était conforme à la marche des idées. Toutes les découvertes , toutes les méditations étaient dans ce sens. Le Polythéisme , eli opposition avec toutes les lumières contemporaines , n'aurait pu se perpétuer qu'en réprimant toutes les vérités déjà connues, en étouffant toutes celles qui étaient prêtes à éclore , en un mot, en bravant l'opinion. Or toute autorité, toute doctrine, qui, loin d'avoir l'opinion pour appui , l'a pour ennemie , est condamnée à gouverner tyranniquement pour obtenir une prolongation qui n'est jamais que momentanée.

Mais , indépendamment de ces considérations, le théisme lui-même vaut mieux in-

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