LIV. XVIII. CHAP. V
qu'elle peut jamais aboutir. De même que, dans la destruction du Polythéisme, rien ne fut détruit que ce qui ne s'accordait plus avec les lumières que l'esprit avait acquises et l'épuration que le sentiment avait subie , de même rien n'est détruit dans le théisme, que ce que l'imperfection de la nature humaine y avait ajouté. On voit disparaître le pouvoir oppressif des corporations , les principes injustes de l'intolérance , les notions étroites qui rabaissent la religion au rang d'un trafic , ou qui attachent à des pratiques minutieuses une importance exagérée , mais le fond survit à cette destruction des formes, et l'homme a de nouveau fait un pas immense vers l'anoblissement de sa nature et vers son éternelle destinée.