‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 19 sur 188 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

De la seconde époque de la pkllosophie à Rome.

Avec Auguste, commença, pour la philosophie comme pour l'espèce humaine, une époque nouvelle, mais dont les symptômes devinrent remarquables , surtout sous Tibère.

Durant le règne d'Auguste, les âmes , qui étaient fatiguées des discordes civiles . mais qui n'étaient pas façonnées au joug, s'occupèrent d'abord d'un travail intérieur que l'homme fait sur lui-même, pour retrouver une assiette fixe et tolérable , dans une situation qui le blesee, travail plus ou moins long, sui-

(1) Aug. Civ. Dei. VI. 6. 7. 9.

vant que les peuples sont plus ou moins dégradés. Malgré la corruption presque universelle , les souvenirs et les habitudes de la liberté avaient conservé sur les Romains assez de pouvoir, pour qu'il leur fallût quarantecinq années pour parvenir à une dégénérâtion complète. D'autres peuples ont marché plus vite. Au milieu de cette lutte entre ce qu'il y a de noble dans l'homme et ce qu'il doit être pour vivre doucement sous la tyrannie , on a voulu chercher dans cette philosophie , la cause de la chute de la liberté; mais les dates nous prouvent qu'elle fut au contraire un de ses effets. Nous voyons les Romains les plus distingués du temps d'Auguste, se faire en quelque sorte violence pour se courber jusqu'à elle.

Horace qui , bien que poète , peut être rangé parmi les épicuriens les plus illustres , nous offre un exemple assez curieux de cet effort de l'àme contre elle-même. Avant d'être le flatteur d'Auguste, il avait combattu sous les drapeaux de Brutus (i). Il avait été très bon militaire sous ce dernier défenseur de la

(i ) Hnilo m lilia: tlucf.

Page 1