‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 20 sur 188 · LIV. X. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIV. X. CHAP. V

iberté romaine ; et puisque , liis d'un affranchi, il avait obtenu une dignité disproportionnée avec sa naissance, il est vraisemblable qu'il s'était distingué dans les armées de la république , avant la bataille de Philippe (i). Il jeta son bouclier, nous dit-il, et prit la fuite à cette bataille (2); et, de ce bon mot d'un vaincu, l'on s'est empressé de conclure qu'il s'applaudissait de sa lâcheté , et qu'il avait vu succomber sans regret la cause qu'il avait servie; mais savons-nous jusqu'à quel point il se croyait forcé par le despotisme à exagérer la honte de la défaite et l'excès de la terreur? Le despotisme condamne les honneurs à déguiser leurs vertus, comme les gouvernemens libres les obligent à cacher leurs vices. Horace nous dit ailleurs que, par zèle pour la cause républicaine, il avait quitté les douces retraites d'Athènes, sacrifié sa fortune et risqué sa vie (3). Pauvre, proscrit, fugitif, il revint à Rome; et, cédant

(1) Quem rodunt omnes libertine paire natuin

Nunc, quia suni tibi, Maecenas, convictor ut oliin, Quod mihi pareret legio roniana tribuno.

(a) Rcliclà non bene parinulâ. O'I. II. 7.

(3) Dura sede niovcrc loco me Icnipora gralo ,

avec l'univers, il se courba devant Octave et mendia la protection de Mécène. Alors il commença le travail de dégradation volontaire , auquel un seul homme condamne quelquefois toute une génération. Menacé dans sa sûreté, il s'efforça de la regagner, en se rendant agréable à la puissance. Trompé dans les espérances de sa jeunesse , il se réfugia dans le plaisir, étourdissement passager d'une vie que la liberté n'animait plus; et, comme les esprits d'une certaine trempe ont besoin de rattacher leur conduite, et jusqu'à leurs faiblesses à des idées générales, il vanta l'épicuréisme qui justifiait sa résignation. Cependant Horace , devenu épicurien , semble regretter fréquemment qu'une plus noble doctrine lui soit interdite ; il rappelle sans cesse la brièvi3té de la vie , comme sa consolation secrète , et son excuse à ses propres yeux ; il renonce à la liberté publique; mais il ressaisit obstinément son indépendance indivi-

Civilisquc rudcm belli tulil aîsliis in arma , Caesaris Augusti non rcsponsura lacorlis : Undc simul piimum me dimisjîrc Philippi , Dfcisis humilcm pennis, iuojKMnque patcrni Et laris clfiindi. —

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