‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 22 sur 188 · LIV. X. tllAP. V. l\'ô · texte numérisé non relu

LIV. X. tllAP. V. l\'ô

C'est à la cruauté sombre du (ils de Livie . à la démence de son successeur, à 1 imbécillité du mari d'Aggrippine , et à la dépravation / sanguinaire et capricieuse de son fils . que Rome dut la renaissance du stoïcisme. Ces } stoïciens , retrempés par le malheur, ne s'égarèrent plus dans une métaphysique obscure et inapplicable ; ce n'était point leur esprit qui cherchait un exercice : c'était leur âme qui demandait un asile ; elle ne pouvait le trouver que dans la morale.

INous avons parlé de la morale des stoïciens en traitant de la philosophie grecque. Conime cette morale ne fit à Rome que se développer et s'étendre , nous pouvons , pour ce qui regarde les principes, renvoyer nos lecteurs à à cette partie de notre ouvrage. Mais les stoïciens de Rome tirèrent des conséquences sublimes de quelques axiomes qui n'étaient en Grèce que des sophismes et des arguties. L'on a vu qu afin de concilier la liberté hifmaine avec la nécessité . les disciples de Zenon avaient prétendu que l'hoTnme, pour être libre, n'avait qu'à vouloir ce que la nécessité lui commandait. Le stfrfcisme romain partil de cette idée pour créer un genre de liberté

qu'il plaça dans le fond des cœurs, comme dans un sanctuaire. Ne pouvant sortir l'individu de la grande chaîne des événemens, sans rompre cette chaîne , et sans renverser ainsi l'ordre de la nature et les notions de cause et d'effet, ils imaginèrent de le rendre indépendant des événemens par le sentiment et par la pensée : et cette hypothèse , qui n'avait été en Grèce qu'un moyen d'éluder de pressantes objections , devint un principe de force, de fierté, d'héroïsme , qui défia toutes les fureurs des tyrans (i). 11 en fut de même des maximes adoptées par cette secte sur la prière. Pour obtenir des dieux ce que nous voulons , avait-on dit, il faut ne leur demander que ce qu'ils veulent. C'était là presque une raillerie contre la bonté divine, et l'efficacité de nos vœux. Cette subtilité néanmoins servit merveilleusement à déterminer quelles sollicitations nous devons adresser aux dispensateurs des destinées. Le sage n'attend

(i) Il n'y a point île philosoplios^ observe un écrivain distingué , (jui ait parlé plus fortement de la fatale nécessité dos choses, ni pins magnifif|uement de la lihorléfle riiommc que les stoïciens.

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