‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 32 sur 188 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Des opinions introduites successivement dans les

mystères.

La tendance du sacerdoce à faire entrer dans les mj^stères tous les dogmes et tous les rites barbares , n'est pas la seule à laquelle ils obéissent. Ils sont poussés en même temps dans une direction qui semble opposée , et qui n'est cependant pas moins conforme à leurs intérêts et à leurs calculs.

Il a été dit plus d'une fois que le Polythéisme sacerdotal était stationnaire, tandis que le Polythéisme indépendant de la direction sacerdotale était progressif. Les mystères, destinés qu'ils sont à réconcilier la classe éclairée avec la religion dont elle se détache, doivent suivre cette progression. Il en résulte que tout ce que nous avons vu s'introduire par degrés dans la religion grecque pénètre dans les mystères, avec cette différence qu'ils ne se modifient pas, comme la religion publique par cette introduction ; tout ce qui s'y trouvait demeure ; tout ce qui survient se place à côté. Leurs mi-

nistres ajoutent toujours , et ne retranchent jamais (i ).

A mesure que le Polythéisme alla se perdre dans l'allégorie , les mystères abondèrent en explications allégoriques. La physique, la morale , la métaphysique eurent leur vocabulaire énigmatique, et souvent les mêmes emblèmes prirent tour à tour trois significations différentes.

Lorsque les terreurs de la magie eurent suggéré au peuple l'idée d'une classe rivale des prêtres , ceux-ci firent entrer la magie dans leurs rites secrets. Des apparitions terribles effrayèrent les candidats ; des communications surnaturelles vinrent les flatter et les surprendre (2). Nous rencontrons dans les mystères de Samothrace et dans plusieurs autres imités de ces derniers, en divers lieux de la Grèce , des talismans , des amulettes , qu'on distribuait comme préservatifs contre les maladies ; et les hiérophantes employaient , pour étonner leurs auditeurs, ces facultés bizarres , qui distinguent aujourd'hui des char-

(i) Sainlc-Croix. p. 2.

(2) Oiiyin. conUa Cclsuni. IV.

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