‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 33 sur 188 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

De l'introduction des systèmes philosophii/ues dans les mystères.

Cependant la philosophie continuait, à côté de la religion , sa marche non interrompue et régulière ; ses hypothèses devenaient trop importantes pour ne pas attirer l'attention du sacerdoce. Il dut se conduire à leur égard , comme il s'était conduit envers les rehgions étrangères. En effet, l'histoire nous le montre, proscrivant en public la philosophie , et s'enrichissant en secret de ses dépouilles. Les différens systèmes philosophiques devinrent simultanément , mais séparément , partie des mystères.

On a vu que tous ces systèmes étaient subvervSifs de la croyance publique. L'irréligion

(i) Suidas in V. TîÀsrtpopo; ; les Ventriloques , 'Ey- YajTptuuSoç/ V. Creuzer.

6o DU POLYTHÉISME.

s'introduisit en conséquence dans les institutions mêmes destinées à frapper les hommes d'une terreur et d'un respect religieux. Non seulement les apothéoses des héros déifiés furent révoquées en doute , mais ce doute se porta jusque sur la divinité des dieux supérieurs. Tantôt on enseigna, comme Euhémère, que ces dieux n'étaient que des mortels ; tantôt, comme Varron , qu'ils n'étaient que les élémens personnifiés. Les anciens, dit ce dernier, (i) , ont tellement arrangé dans les mystères les simulacres , les marques extérieures et les ornemens des dieux qu'on reconnaît, au premier coup d'œil, l'âme du monde et ses parties , les véritables divinités. Le théisme dépeupla le ciel de ses habitaus innombrables pour les remplacer par un seul être incorporel , ineffable et tout-puissant , ou le panthéisme , ôtant même au dieu du théisme son existence séparée , le fit entrer dans la substance dont tous les êtres sont formés.

Ce qui paraît , au premier coup d'œil , inexplicable et contradictoire , c'est que ces

(«) Ap. Au};. Civ. Dei. VU. 5.

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