‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 38 sur 188 · LIV. XII. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. XII. CHAP. I

ment destructifs du Polythéisme. Les philosophes se sont divisés entre ces systèmes ; mais Tagitation des hommes qui réfléchissent se communique par une contagion rapide aux hommes mêmes qui ne réfléchissent pas : et une nouvelle division s'opère.

Par ime singularité que nous expliquerons tout à l'heure , cette division semble n'avoir lieu qu'entre les trois opinions les plus irréligieuses, entre l'athéisme, le panthéisme et le scepticisme. Celle qui dès lors est destinée à un triomphe complet et prochain, paraît avoir le moins de partisans déclarés. Nous vouloiis parler du théisme, c'est que toujours au moment où une forme de rehgion tombc**^ tout ce qui tient à la religion est frappé d'une grande défaveur; l'impulsion qui portel'homme à renverser la forme existante , le pousse audelà du terme où il doit s'arrêter; mais la loi même qui donne de la sorte à l'incrédulité un triomphe éphén\ère sur la forme qui s'écroule, doit ramener l'esprit humain à une forme nouvelle de religion.

Le panthéisme démeure la doctrine abs- Iraite de quelques têtes méditatives. Mais le grand nombre se partage entre la négation

et le doute; la classe opulente, oisive et frivole, trop paresseuse pour examiner , mais trop vaine pour ne pas se aiettre à la tête de l'incrédulité lorsqu'elle domine, passe alternativement de l'une de ces opinions à l'autre; l'athéisme la séduit, par une hardiesse apparente qui suppose de la force ; le scepticisme l'attire, par l'espèce d'élégance avec laquelle il se joue de to.utes les doctrines et semble ainsi se placer au-dessus d'elles.

Les écrivains qui ne traitent pas directement de la religion dans leurs ouvrages, les savans , les antiquaires, les historiens, les poètes, se montrent néanmoins dans l'occasion , quelques-uns athées , la plupart sceptiques. Ceux qui veulent être profonds, cherchent dans l'incrédulité des maximes générales qui ressemblent à la profondeur. Ceux qui veulent être légers puisent, dans les fictions révérées, comme dans une source intarissable de plaisanteries. Ovide, dans un poëme destiné à chanter les dieux de Rome et les fêtes nationales, met dans la bouche d'un marchand des prières ironiques à Mercure (i),

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