‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 40 sur 188 · LIV. XM. CHAP · texte numérisé non relu

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mais en s'y livrant, on s'y cache, et si Ton est découvert, on se relève du ridicule en se moquant de soi-même. César, que nous avons vu en plein sénat insulter aux terreurs de la vie future, hésitait à sortir à cause d'un songe de Calpurnie : il priait les dieux avant de livrer bataille à Pompée , et lorsqu'il montait eu voiture , il récitait un formulaire dont l'influence merveilleuse devait le garantir de verser (1). Les hommes d'état , vieillis dans la routine de l'administration des affaires, voudraient maintenir, comme partie des institutions existantes, dont eux-mêmes font aussi partie , le Polythéisme , avec quelques - uns des perfectionnemens qu'il a reçus : mais ces perfectionnemens ne sont que des transactions de la religion jadis révérée avec l'opinion devenue irrésistible , et ces transactions doivent être rejetées , comme toutes celles que la faiblesse propose à la force. C'est en vain que ces hommes d'état recommandent la religion comme utile. Elle ne se laisse re-

(i) Piin. XXVIII. 2. Il ajoute : Quod nunc ple- 1 osque facere scinius, ce qui prouve que cette superstition si'lait cojiservécjusquà son temps.

comQiander avec fruit que comme sainte et comme divine. Mais ils ne peuvent et n'osent la présenter ainsi. L'idée de l'utilité devient tellement dominante , que Cicéron , lorsqu'il rapporte quelque pieuse hypothèse d'un philosophe ancien , ne l'appuie jamais sur sa vérité ou sa vraisemblance, mais sur la nécessité d'inculquer aux hommes quelque persuasion pareille. C'est le seul motif qu il attribue aux législateurs. Une classe d'écrivains toutefois cherche à résister à l'impulsion générale , et prête un honnête et insuffisant appui à des opinions qu'elle regrette sans les conserver. Rien n'est curieux comme les ouvrages de ces écrivains , envisagés sous ce point de vue. Le même Polybe qui attribue à l'irréligion les mauvaises mœurs et les parjures des Grecs, dit que s'il existait un peuple de sages, toutes les cérémonies religieuses seraient superflues (i). Tite-Livene peut s'empêcher de parler avec un sourire involontaire des pratiques relatives aux poulets sacrés. Mais tout à coup il se le reproche, et reprenant une gravité forcée , c'est en ne méprisant pas

(i) Lib. M. ch. 54.

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