‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 43 sur 188 · LIV. XII. CHAP. ï. yy · texte numérisé non relu

LIV. XII. CHAP. ï. yy

ment, dans un siècle irréligieux , la croyance que ne peuvent obtenir les espérances en faveur desquelles déposent l'évidence intérieure et le sentiment naturel , rentrent dans les têtes humaines, lorsqu'on s'y attend le moins, par des routes détournées. Au milieu de ce chaos de notions confuses , Pausanias ne néglige point de reprendre l'air de la supériorité qui est à la mode : Je n'ai garde de croire aux fables , dit-il , mais je ne laisse pas d'en faire mention (i). Pour ce qui concerne les dieux, il faut s'en tenir à ce qui est établi et en parler comme le vulgaire (2).

Antérieur à Pausanias, d'un siècle à peu près, et plus admirateur que lui des Romains, chez lesquels la religion fut jusqu'à sa chute, une chose plus grave que chez les Grecs, Denys d'Halicarnasse ne tombe pas dans des inconséquences aussi manifestes. Il attaque souvent avec force l'incrédulité; il prononce des imprécations contre les incrédules (5); mais, à côté de ce zèle hostile, il affecte une impar-

(1) Corinth. 17.

(2) Arcad. 8.

(3) Antiquit. Rom. II. 17. YIIL 5.

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tialité'qui n'est guère orthodoxe entre les opinions diverses sur la nature de lame , et finit par laisser indécises les questions relatives à sa destinée future, et de les abandonner, comme presque indifférentes (i). Les mots d'athéisme et d'impiété réveillaient sa ferveur; mais il était familiarisé avec la chose.

Nous ne nous étendrons pas ici sur Plutarque , parce que nous aurons à revenir sur cet écrivain , dont les diffus, mais importans ouvrages doivent être lus avec attention par quiconque veut connaître cette époque de l'histoire. Remarquons seulement que , sectateur zélé des doctrines mystérieuses de l'Egypte, implacable ennemi de toutes les explications historiques ou physiques qui dépouillaient les fables antiques de leur sens miraculeux , il fut conduit toutefois à proposer une question singulièrement hardie, à comparer l'athéisme avec la superstition , et à prononcer en faveur de l'athéisme. Lorsqu'une question pareille est admise , agitée et décidée de la sorte . plus l'homme qui la propose et qui la résout est un homme religieux , plus le siècle

^^ 1 ^ AnlHj. lïom. Vni. t<.

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