‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 45 sur 188 · LIV. XII. CHAP. I. 8i · texte numérisé non relu

LIV. XII. CHAP. I. 8i

mettre Apollon, parie avec respect du résultat de cette épreuve bizarre ; il y reconnaît l'infaillibilité divine. Lucien n'est frappé que du genre de l'épreuve (i). Hérodote n'aperçoit que le côté religieux , Lucien n'aperçoit que le côté ridicule.

Des savans ont coniparé racharnement de ce derniec contre Homère à celui de Voltaire contre la Bible (2). La comparaison n'en sera que plus exacte, si on l'étend aux contemporains; le public des deux époques était incapable du travail nécessaire pour conccToir des mœurs, des sentimens et même des expressions dont il n'avait pas l'habitude ; plus l'homme est insouciant et frivole, plus il soumet tout à sa propre mesure, sans égard pour la différence des idiomes, des lieux et des tçmps. Il se trace alors une espèce de règle /

étroite et personnelle, qu'il appelle la raison par excellence , et d'après laquelle il ravale ce qu'il ne peut apprécier. Moïse était pour les lecteurs de Paris ce qu'était Homère pour

(1) Bien en prit à Phébus , dil-il , d'avoir eu l'odorat fin.

(2) Henisterhujs in Luciaii.

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