‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 46 sur 188 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

82 DU POLYTHÉISJIE.

les lecteurs de Rome ou d'Alexandrie. Les uns et les autres n'avaient plus rien au fond de l'âme qui pût comprendre l'antiquité. Les uns et les autres faisaient honneur à leur raison de leur impuissance.

Le plus célèbre des Dialogues deLucien(i) repose sur une supposition qui sert aussi de base à un poëme connu de nos jours (2J. Les dieux s'y montrent effrayés de ce que les hommes nient leur existence , comme si cette existence dépendait de la négation ou de l'asseittiment des humains. Nous n'avons point à examiner ici lequel est supérieur du satirique grec ou du poète français. Ce qui nous intéresse , c'est de remarquer que les rapports qui existent entre l'esprit humain et les religions ébranlées étant nécessairement les mêmes, l'esprit humain se trouve conduit à employer, contre des adversaires qui ne se ressemblent pas, des armes semblables.

Sous tous les rapports, Lucien est le représentant d'une époque où l'on a perdu la faculté de croire , celle de réfléchir, celle d'es-

(1) L'Assrmblcc tics Dieux.

(2) La Guerre des Dieux de Parny.

Page 1