‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 56 sur 188 · LIV. XII. CHAP. V. III · texte numérisé non relu

LIV. XII. CHAP. V. III

elle possède une croyance fixe , sur laquelle son àme peut se reposer.

£ors de la chute des religions , l'iiomme est pri/é de cet appui : c'est pour cela qu'il se débat au hasard. Comme la religion lui est naturelle , l'absence de la religion lui devient une privation douloureuse , et bientôt insupportable. La terre , séparée du ciel , lui semble une prison , et il frappe de sa tête les murs du cachot qui le renferme.

De là , ces superstitions qui se i^épandirent par torrens sur tout l'empire, vers le deuxième siècle de notre ère ; de là , ce recours à toutes les religions, cette confusion de tous les rites, ces invocations adressées à tous les dieux. Ces superstitions n'étaient que l'effet inévitable de la soif qu'éprouvait le -genre humain de renouveler ses relations avec la Divinité, li la recherchait partout dans les ténèbres, cette Divinité qu'il avait perdue; il redemandait à grands cris une croyance en place de celle qu'on lui avait ravie. Ces superstitions , qu'on a regardées comme une preuve de l'excès de la religion , étaient au contraire un effet de son absence.

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