‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 58 sur 188 · LIV. XU. CHAP. VI. IID · texte numérisé non relu

LIV. XU. CHAP. VI. IID

france. On peut appeler la magie le fétichisme de l'état civilisé. Le fétichisme est l'effort de l'homme pom' découvrir la Divinité, quand rien ne lui en a donné l'idée. La magie est l'effort de l'homme pour retrouver cette idée, quand il l'a perdue. Tant il est vrai qu'à toutes les époques, elle lui est nécessaire, et qu'il ne peut jamais s'en passer.

L'on a vu les conquêtes d'Alexandre porter au Polythéisme une atteinte mortelle. Aussi la magie devint-elle dès. lors populaire en Grèce (i). Des sorciers babyloniens s'introduisirent dans toutes les villes grecques, à la suite des généraux sortis de Macédoine ou revenus d'Asie ; le magicien Osthanès, que le fils de Philippe traînait à sa suite , fit connaître aux Grecs la magie des Perses (2). Ce fut dans le même temps que cette science ténébreuse se répandit en Egypte. Une frénésie semblable se déclara chez les Romains, aussitôt que leur foi religieuse fut ébranlée. Le peuple jusqu'alors croyait à la magie, mais ne la pratiquait pas. Aussi long -temps qu'il

(i) Theocril. /iy//. i.

(2) Plin. XXX. 1. -— Euscb. Prœp. Evang. V. Tome IL 8

1 l4 DU POLYTHÉISME.

est satisfait des moyens que son culte lui présente de communiquer avec le monde invisible . l'homme n'en cherche pas de nouveaux. Quand il est privé de ces communications faciles et consacrées . il veut se frayer une autre route , et ne pouvant plus lever les yeux vers le ciel , c'est au fond de l'abîme que sa misère évoque des protecteurs. Vatinius , l'ennemi de Cicéron(i), et Figulus, son ami, se livraient également à ces sombres et chimériques recherches. L'on raconte de ce dernier, qu'il avait rédigé l'astrologie en système (2), et qu'il prédit à Octave , père de celui qui devint Auguste , que son fils serait le maître de Rome (3). Sur cette prédiction, le père ordonna que ce fils fût mis à mort (4). Figulus éluda l'exécution de cet ordre. Il v a des cas où l'on ne peut s'empêcher de souhaiter aux hommes plus de logique dans leurs erreurs. Nous ne rapportons au reste cette anecdote , probablement fausse, que parce que l'asser-

(1) Cicer. in f^atin. G.

(2) Aug. Civ. Dei. \' . 3.

(3) Dio Cass. XLV. in initia.

(4) Sué ion. in Auij. cap. »j4-

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