CHAPITRE I
Çue les rapports qui existèrent entre la philosophie et le Polythéisme, à Rome^ furent dijférens de ce qu'ils avaient été chez les Grecs.
Le tableau de la philosophie grecque à Rome est très différent àe celui de cette philosophie dans son pays natal. Chez les peuples, comme chez les individus , les mêmes opinions ne produisent point les mêmes effets, lorsque la raison les découvre graduellement par sa propre force , et les méditations assidues , et lorsque , les empruntant du dehors , elle parvient , sans travail , à des résultats qu'elle reçoit sur parole. La philosophie grecque fut toujours chez les Romains une plante exotique. Elle ne fut transportée à Rome, que lorsqu'elle avait déjà pris tout son accroisst^nient. Il est donc possible d'y observer son
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introduction, mais non de remonter jusqu'à sa naissance , ou de suivre ses premiers progrès. On peut, tout au plus, soumettre sa marche ultérieure à de certaines divisions , qui forment autant d'époques. Les époques nous paraissent être au nombre de quatre. Mais elle furent amenées plutôt par les circonstances extérieures |que par le travail et le développement intérieur de l'esprit humain. La première de ces époques commence à l'introduction de la philosophie à Rome , et finit au règne d'Augnste ; la seconde commence au règne d'Auguste , et finit à peu près à celui d'Adrien , bien que , postérieurement à cet empereur, il y ait eu encore quelques philosophies qui appartiennent à cette seconde époque ; la troisième se compose du règne d'Adrien et de ses deux successeurs qui forment une si honorable et si étonnante exception dans le nombre des Césars; la quatrième embrasse enfin l'intervalle qui s'écoula depuis le dernier des Antonins jusqu'à l'extinction de toute lumière et à la mort de toute pensée.