‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 60 sur 188 · LIV. XII. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. XII. CHAP. VI

mitien les consultait (1), Adrien, malgré son affectation de philosophie, leur accorda sa

confiance (2); et, comme il luttait d'éloquence avec les rhéteurs et de sophismes avec les sophistes, il lutta de sorcellerie avec les sorciers et voulut prédire lui-même ce qui devait lui arriver durant une année (3). Le stoïcien Marc-Aurèle ne fut pas garanti de cette faiblesse par la doctrine d'Epictète. Arnuphis l'Égyptien l'accompagnait en qualité d'astrologue (4). Nous ne parlerons ni de ce Didius-Julien qui acheta l'empire mis à l'enchère parles gardes prétoriennes, et qui consomma son règne de deux mois à chercher des moyens surnaturels de se maintenir sur le trône qu'il avait payé et qu'il ne pouvait défendre (5) ; nous ne parlerons ni de Caracalla ni d'Héliogabale, qui étaient préparés à la folie par le crime (6).

(1) Suet. inDomit. i4.

(2) Xiphil. in Adrian.

(3) Spart, in Adr. 20. — In y^Iio Vero. 5.

(4) Xiphil. Abrégé de Dio Cassius.

(5) Dio Cass. LXXIV. cap. 16. — Xiphil. inDiv. Jul, Spart, cap. 7.

(6) Herodian. ÏV. 12. — Dio Cass. LXXYII. — Xiphil. et Spart, in Carac. — Laniprid. in Heliog.

Il8 DU POLYTHÉISME.

Mais le père de Caracalla, prince rusé et générai habile, poussa la crédulité jusqu'au point de se marier avec une femme à laquelle on avait annoncé qu'elle épouserait le souverain du monde. Alexandre-Sévère, assez éclairé pour rendre justice au caractère de Jésus- Christ, institua néanmoins des chaires publiques d'astrologie. Dioclétien , qui introduisit dans l'empire la régularité de l'étiquette et la pompe de l'Orient, tua de sa propre main, sur la prédiction d'un druide, un homme dont le nom lui semblait réaliser la prophétie qui l'appelait au pouvoir (i) ; et Constantin lui-même, avant sa conversion, avait sacrifié, suivant des rites magiques, des lions amenés avec soin dans ce but du fond de la Libye (2).

Si telle était la conduite des maîtres de la terre, on peut prévoir celle de leurs esclaves. La magie devint la passion universelle. Les villes étaient remplies , les grands chemins étaient couverts de sorciers qui se disputaient

(1) Vopiscas in Numeriani T'^ita.

(2) Eliseb. tn yHii Constant. I. 3o.

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