‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 64 sur 188 · LIV. XII. CUAP. V · texte numérisé non relu

LIV. XII. CUAP. V

damne ; on repousse comme immondes ou sacrilèges les hommes qu'il déclare ennemis des dieux. Lrs liabitans des cités que la peste ravage attachent ses prophéties à la porte de leurs demeures , comme des préservatifs infaillibles. Il donne des avis à Marc-Aurèle , et le vœu des peuples force l'empereur à s'y conformer. Il trompe ainsi l'empire romain , c'est-à-dire la moitié du globe , pendant trente années; et des médailles (1), frappées en son honneur, nous transmettent encore l'image de son serpent miraculeux (2).

Tel est donc l'état de l'espèce humaine; l'incrédulité s'applaudit d'avoir délivré l'homme des préjugés, des erreurs et des craintes, et toutes les craintes, tous les préjugés, toutes Ç les erreurs semblent déchaînés. On a pro- \^ clamé l'empire de la raison, et tout l'univers \

est frappé de délire; tous les systèmes se J

fondent sur le calcul, s'adressent à l'intérêt, / permettent le plaisir, recommandent le repos et jamais les égaremens ne furent plus hon-

(1) Spanh. Dias. de prœst. et usu Numisîn. aniiq. I.

(2) Lucian. in Alex.

ÏSS DU POLYTHÉISME.

teux , les agitations plus désordonnées , les douleurs plus poignantes ; jusque-là enfui qu'une race misérable paraît vouloir descendre aux enfers, pour fuir une terre d'où l'on a banni la divinité.

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