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conserver les formes d'une religion en lui préférant les bases d'une autre.
Remarquons encore que la philosophie suit dans ses raisonnemens une route tout-à-fait nouvelle. A l'époque précédente, elle avait été conduite à rejeter la vérité de toutes les opinions religieuses, par la considération de ce qu'elles avaient de contradictoire; à présent, elle cherche à démêler, par-delà toutes les contradictions de détail, un assentiment universel, dont elle puisse appuyer la rehgion ( i ). Et ce n'est pas seulementdans les cultes divers, mais dans tous les systèmes, dans tous les codes de lois , dans tous les ouvrages de science, d'histoire et de poésie , qu'elle prétend retrouver certaines idées premières, dont les auteurs sont inconnus , mais qui portent en elles une évidence intrinsèque, indépendante de toute démonstration. C'est visiblement l'esprit humain fatigué des chicanes de la dialectique, et appelant le sentiment à son aide pour reconstruire ce que la dialectique avait renversé. Mais le sentiment n'est encore ni assez fort ni assez profond pour triompher
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sans assistance étrangère. Plutarque invoque l'autorité des anciens et surtout !e témoignage des faits historiques, parce que l'époque antérieure n'attachait de l'importance qu'aux faits. Nous verrons plus tard le sentiment ,* plus sûr de son empire, dédaigner ces faits,', et vouloir découvrir toutes les vérités par luimême. Platon , non moins instruit que Plu-' tarque , fait de l'érudition un usage beaucoup moins fréquent que lui.
Cependant la philosophie ne peut adopter le Polythéisme sacerdotal sous la forme po-^ puîaire; cette forme, avec ses sanglans sacrifices , ses orgies bruyantes , ses licencieuses pratiques, est plus révoltante mille fois que celle que la philosophie à cru devoir rejeter.. On se tourne donc vers la partie occulte des religions soumises aux prêtres. Révolution singulière! La religion publique du sacerdoce, lorsqu'elle avait pénétré en Grèce , était devenue dans les mystères un culte secret; et voici que les philosophes essaient de rendre, la doctrine secrète un culte public. *
Cette réforme du Polythéisme ne ressemble point à celle qui avait eu heu , lorsque cette religion était encore dans.sa force. Alors l'es-