‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 77 sur 188 · LIV. XIII. CHAI». IV · texte numérisé non relu

LIV. XIII. CHAI». IV

l'expérience lui a prouvé qu'une religion purement abstraite ne peut avoir aucujie in-, fluence. C'était en repoussant de la religion tout anthropomorphisme qu'on lui avait ôté toute vie et toute force (1). L'idée d'une pro-^ vidence particulière s'occupant de tous les détails ayant paru de ranthropomorphisnie , l'on avait imaginé que la Divinité ne s'intéressait qu'à la conservation de l'ensemble , et que le monde roulait éternellement dans un cercle tracé par une nécessité inflexible. A quoi bon , dans cette hypothèse , un culte , des vœux, des sacrifices, qui ne changent rien à cette nécessité? A quoi bon des prières, dont le sort est de n'être jamais exaucées? L'action de confier aux dieux une forme ou des attributs quelconques n'étant encore que de l'anthropomorphisme plus ou moins déguisé, Ton avait séparé la définition de la Divinité de tout ce qui pouvait tenir à ses attributs ou à sa forme ; mais on avait retranché par-là tout ce qui servait de base à la religion du peuple » tout ce qui l'aidait à s'en faire une idée , tout ce qui motivait enfin ces actes d'adoration ,

(i) La même maiolie des iijées se remarque ailleurs.'

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soit aux pieds des autels, devant les simulacres divins , soit en présence des astres , simulacres éternels , représentans visibles des souverains célestes du monde. C'était saper à la fois les eux espèces de Polythéisme.

La secte nouvelle marche donc péniblement entredeuxécueils, entre l'anthropomorphisme qu'elle dédaigne , et l'abstraction qu'elle redoute. Elle veutque la naturedivine,dontellese fait les idées les plus métaphysiques, ait pourtant des symboles visibles qui frappent les regards et captivent l'imagination. Elle avait remporté une grande victoire et facilité sa marche en substituant au culte des simulacres de bois, de pierre ou d'airain , les hommages rendus à ces flambeaux magnifiques, qu'une mainpuissante a suspendus dans l'immensité des airs , et soumis h des mouvemens harmonieux et réguliers. Elle remplace ainsi le Polythéisme par l'astrolatrie , en mettant néanmoins, audessus des astres, des dieux invisibles dont ces astres ne sont que les éclatans symboles. Elle commande à l'homme de ne pas oublier dans l'adoration de ces symboles les êtres supérieurs qu'ils ni font que représenter, oubli fu-

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