‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 82 sur 188 · LIV. XIII. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. XIII. CHAP. IV

jour. Une éclipse de soleil ne saurait être le signe précurseur de la perte d'une bataille ou de la mort d'un prince dès qu'il est reconnu que cette éclipse a pu être calculée vingt siècles auparavant.

Les philosophes composent ainsi une religion tout entière de distinctions insaisissables et de notions incompatibles , une religion qui ne peut avoir ni la faveur de la popularité comme l'ancien Polythéisme , ni l'appui du raisonnement comme les systèmes philo.sophiques. Il est clair que leurs tentatives doivent être infructueuses. Leur doctrine , trop absurde pour les esprits qui raisonnent , est trop abstraite pour ceux qui ne réfléchissent pas (i). L'état de l'opinion reste donc le même. Elle continue à flotter entre l'incrédulité comme théorie , et la superstition comme pratique.

Aussi Plntarque se .consume-t-il en vain^ combats contre ces deux ennemis , et ces combats le jettent dans de nombreuses inconséquences , parce que , suivant que ses efforts

(1) La philosophie peut conijjer la religion , mais elle ne peut la remplacer.

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se dirigent contre l'un . il traite l'autre avec plus d'indulgence. Dans son Traité contre la superstition, il dit qu elle est plus funeste que l'athéisme ; et , dans ses attaques contre les Epicuriens , il déclare l'athéisme plus dangereux que la superstition.

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