‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 83 sur 188 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Preuves de C universalité de cHte tendance.

Les vacillations, les contradictions, les inconséquences des philosophes que nous avons peints dans le livre précédent ne sont pas toutefois les seules ou les principales causes qui s'opposent à leurs succès. Ils ont à lutter contre une cause d'une nature plus générale et contre laquelle leurs efforts sont inutiles ; c'est la tendance universelle de cette époque vers l'unité.

Nous avons montré que la tendance vers ^ l'unité avait été de tout temps une partie es- i ^ sentielle du sentiment religieux. Les peuples , polythéistes eux-mêmes , tâchent de réunir en une seule idée l'ensemble de leurs divinités multipliées poyr les adorer avec plus de fer- Tome IL II

veur et de zèle ; ils en font une masse indivisible , afin que leur vénération ne soit pas distraite par une notion de diversité qui morcelé leur impression et la rend moins complète et moins profonde. Les Romains , lorsqu'ils parlaient des dieux immortels , réunis et pour ainsi dire confondus par la pensée, éprouvaient un tout autre respect que lorsqu'ils énuméraient leurs divinités partielles. 11 en était de même lorsqu'ils imploraient le Jupiter très grand et très beau , devant lequel disparais^ saient momentanément tous les autres dieux.

Diverses causes s'opposent long-temps au triomphe de cette tendance : l'ignorance qui assigne à chaque effet de détail une cause à part; l'égoïsme dont l'effort, contraire à celui du sentiment, divise la puissance divine pour la mettre plus à sa portée ; le raisonnement même qui se fonde sur les témoignages trompeurs des apparences extérieures.

Mais l'ignorance s'est dissipée , l'égoïsme s'est éclairé malgré lui , le raisonnement s'est perfectionné par l'expérience. Plus la régularité des effets est évidente , plus l'unité de la cause devient vraisemblable. La vue des désordre?, des boulevcrsemeiis, des cxccp-

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