CHAPITRE II
Traces et causes de celte tendance dans les religions soumises aux prêtres.
Avant de montrer comment le besoin d'unité, que les philosophes s'efforçaient vainement de satisfaire, a été satisfait, et par quelle route une grande partie de l'espèce humaine a passé du Polythéisme au théisme, nous devons traiter de ce même besoin d'unité dans les religions sacerdotales.
Lorsqu'une opinion devient dominante, toutes les notions éparses qui erraient confusément , sans direction fixe et sans lien commun, se groupent autour d'elle et la fortifient. Or, nous avons dit qiie le théisme était une des opinions qui , dans les religions soumises aux prêtres , font toujours partie de la philosophie occulte du sacerdoce. Le Polythéisme , qui également en fait toujours partie , conduit à l'unité par une autre route. La notion de la suprématie d'un Dieu sur les autres , suprématie plus ou moins absolue, mais toujours très marquée et inhérente aux religions sacerdotales, les prépare aussi à passer du Po-
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lythéisme à la doctrine de l'unité. La spiritualité aie même effet; par l'opposition sourde dans laquelle elle se trouve avec le Polythéisme dès qu'on l'y introduit, opposition dont nous avons expliqué la cause.
En conséquence , même dans les religions sacerdotales , il vient une époque où le besoin de l'unité se faisant universellement sentir à l'homme , et son cœur et son esprit étant d'accord sur cette matière , les prêtres sont obligés de modifier la doctrine qu'ils enseignent , suivant le progrès des idées.
Ceci n'est point en contradiction avec nos assertions précédentes sur le penchant du sacerdoce à retenir les opinions comme les pratiques religieuses dans une éternelle immobilité. Il en résulte seulement que les progrès sont plus lents et les changemens plus imperceptibles dans les religions sacerdotales. Elles changent intérieurement, et leur extérieur reste le même, tandis que les religions indépendantes des prêtres se modifient extérieurement, et que chaque modification partielle est visible.
11 ne fallait que huit, siècles à l'esprit humain (Ml Grèce pour arriver à l'époque où il