‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 89 sur 188 · LIV. XIV. CILVP. III. . lyi · texte numérisé non relu

LIV. XIV. CILVP. III. . lyi

dans les religions sacerdotales , et qui ne ressemble ni à celle qu'elle reçoit de la main des philosophes, ni à celle que le zèle Religieux lui inspire.

Les prêtres du Polythéisme sacerdotal , lors même qu'ils laissent augurer aux profanes que le théisme est le sens caché de la religion populaire, ne présentent point ce théisme comme une erreur dans laquelle l'esprit humain était tombé, mais au contraire, comme l'une des manifestations de la Divinité en faveur de l'homme. Le Dieu unique n'est point l'ennemi des dieux qui l'ont précédé. Ces dieux ne sont ni des êtres malfaisans, qui ont usurpé son rang et son nom, ni des idoles imaginaires, devant lesquels l'homme a brûlé un encens ridicule et sacrilège ; chacun d'eux est une portion de la Divinité suprême. lis ont existé réellement, parce qu'elle a daigné paraître sous leur figure , dicter leurs prédictions , animer leurs simulacres. Les adorer, loin d'être un crime, est une action méritoire (i) , inférieure en valeur, peut-être, à l'adoration de l'Etre tout-puissant et infini, mais

(i) Y. les Livres sacrés des Indoux.

procurant néanmoins à l'homme des récompenses proportionnées à la nature des hommages qu'il leur rend. La doctrine de l'unité, lorsqu'elle vient du dehors, cherche à terrasser le Polythéisme, mais lorsqu'elle se forme au sein des corporations sacerdotales, elle s'efforce de le ménager, parce que l'intérêt de ces corporations leur fait une loi de ne pas déclarer mensonger et obscur le culte qu'elles ont enseigné long-temps, qu'elles enseignent encore. De là , tantôt des explications subtiles qui aboutissent au panthéisme ; tantôt des retours apparens à la pluralité des dieux.

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