Tome II
l8 DU POLYTHÉISME.
Comme ces rhéteurs enseiguaientréloquence, objet d'une si grande importance dans un pays libre , les craintes et les soupçons cédaient toujours à l'avantage immédiat que leurs élèves pouvaient retirer de leurs leçons.
C'était ainsi que la philosophie avait commencé de se glisser à Rome , d'une manière partielle, isolée, et presque insensible, lors de la fameuse ambassade des trois philosophes parmi lesquels on distingue surtout Carnéade (i). Cette ambassade était composée de trois hommes, que l'on pouvait considérer comme les représentans de la philosophie grecque, de Carnéade l'académicien, du péripatéticien Critolaus et du stoïcien Diogène.
Avide de briller, et flatté de l'effet qu'ils produisaient sur un peuple peu accoutumé à des recherches aussi subtiles, ces philosophes, et particulièretnent Carnéade, déployèrent toute la profondeur ou toute la dextérité de leur dia-
(t) Y. Tiedeniann , p. 39. — L"épOf|ue de celte ambassade est fixée parCicéron à ian de Rome 698. Acad. Quast. IV. 45. Tusc Quœst. IV. 2. Il y a quelques raisons de douter de l'exactitude de cette date. Mai.s il est certain qu'elle eut lieu vers la fin du G* siècle de Rome. i)RU(KEit. II. 7-8.