‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 91 sur 188 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Point de vue sous lequel nous envisageons les nouveaux platoniciens.

L'exposition complète du platonisme nouveau nous sortirait des bornes de notre ouvrage , comme l'aurait fait celle des autres systèmes de philosophie dont nous avons eu à traiter précédemment. Elle aurait même pour nous un inconvénient de plus; les partisans de ce système, fondés sur la métaphysique la plus abstraite, et néanmoins, ayant pour but de ramener l'homme à l'enthousiasme religieux le plus exalté, ont dû , pour arriver au résultat qu'ils se proposaient , par une route si peu propre à les y conduire , se permettre de fréquens sophismes , recourir à d'excessives subtilités, et changer quelquefois, sans en

avertir , la signification toujours équivoque des expressions qu'ils employaient. Nous aurions à examiner chacun de leurs argumens à part, à relever une foule de raisonnemens d'une inexactitude imperceptible, mais progressive , et à définir chaque mot, pour remarquer les déviations graduelles par lesquelles ces philosophes faisaient successivement un pas de plus vers le terme qu'ils voulaient atteindre. Ce travail nous jeterait dans des subtilités que personne aujourd'hui n'est disposé à voir approfondir, même quand c'est pour les réfuter.

INous ne rapporterons' donc des hypothèses du nouveau platonisme que ce qui est indispensable pour montrer en quoi elles composaient une véritable religion ; c'est-à-dire en quoi elles étaient un effort pour rétabhr la communication interrompue entre la terre et le ciel , et pour rendre à l'homme l'accès auprès de la Divinité dont il se trouvait séparé par la chute de la croyance publique.

Nous suivions autrefois les anciens philosophes de la Grèce dans tous les pas qu'ils faisaient pour s'éloigner de la religion , nous

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