‹ Du polythéisme romain (volume 2)Chapitre 98 sur 188 · LIV. XV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. XV. CHAP. VI

leçons d'Aoïmonius, Plotin résolut d'aller en Orient contempler lui-même cette sagesse et ces prodiges des Mages et des Brames que son maître vantait à ses auditeurs (1).

Les particularités ultérieures de sa vie ne nous concernent pas. On prétend que, de retour de ses voyages, que les mauvais succès de l'armée à la suite de laquelle il était parti l'avaient forcé d'interrompre (2), il obtint de l'empereur Gallien, une ville ruinée de la Campanie pour y fonder une république sur le modèle de celle de Plotin, mais que les niinistres du prince s'effrayèrent de cette résurrection apparente des formes républicaines et y mirent obstacle (3). Ils auraient pu se rassurer; Je temps où l'on forme de pareils projets n'est jamais un temps où ils réussissent. Tout le talent de Plotin n'aurait pu donner une vie réelle à un état dont les membres auraient manqué des deux élémens nécessaires à son existence , de l'énergie indivi-

(0 Porph. V. PI. c. 2 et 3.

(?.) Cette armée était dirigée contre les Perses eè commandée par Tempercur Gordien. (3) Porph. V. PI. c. la.

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duelle et de la liberté politique. Le despotisme n'avait rien^à craindre d'une république permise par un des successeurs de Caligula et de Domitien.

Les ouvrages de Plotin se formèrent de ses réponses aux questions de ses disciples. De là résultent de nombreuses lacunes, des répétitions fréquentes, et beaucoup d'incohérence dans la rédaction.

Ces défauts et l'exaltation de ce philosophe l'ont fait tomber dans un grand discrédit chei les modernes. Mais ces erreurs mêmes, que nous ferons assez ressortir, nous sembl**nt d'un vif intérêt, lorsqu'on les considère sous leur vrai point de vue, c'est-à-dire comme des preuves du sentiment religieux renaissant de ses cendres, par la nécessité de notre nature. Plotin avait étudié les ouvrages de tous les philosophes anciens. Ce fut lui qui transforma des fragmens en un tout régulier, et quelque opinion que l'on conçoive de son poiut dt3 départ, de sa routé, et de son but, on ne peut, quand on l'étudié, ce dont, à la vérité, se sont dispensés pour la plupart ceux qui l'ont jugé, lui refuser une grande force de méditation, beaucoup de pensées

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