CHAPITRE Vil
De fidée de Cunité dans le nouveau platonisme.
Aucune philosophie ne fut plus fortement empreinte de l'idée de l'unité que le nouveau platonisme. Plotin non seulement ne reconnaissait qu'un premier principe , mais il ne voulait accorder à aucun être une existence individuelle et séparée, différente de cette
unité.
Ce qu'il appelait l'intelligence primitive était
une émanation du premier principe, mais cette émanation ne faisait qu'un seul et même être avec celui dont elle émanait. Dans cette intelligence primitive étaient contenues les formes de toutes choses, formes produites par l'action de cette intelligence sur elle-même; mais ces diverses formes étaient tellement liées les unes aux autres, ^t toutes à l'intelligence primitive , qu'aucune séparation ne
igo ï)0 POLYTHEISME.
pouvait avoir lieu en réalité. Cette intelligence était Timage de Tu ni vers, le prototype de toutes les espèces, de tous les genres, de tous le» individus. Lésâmes particulières, les races, les générations, les forces de la nature n'étaient que ses formes, et comme Tintelligence primitive, tout en émanant du premier principe, ne s'en séparait point, les formes qui émanaient de cette intelligence n'en sortaient pas réellement et ne prenaient point une existence à part. Cette intelligence contenait toutes les formes, comme une âme possède des connaissances multipliées, sans être pourtant un être multiple.
L'idée que toutes les âmes particulières étaient émanées de l'intelligence suprême ou de l'âme du monde, était déjà reçue dans le stoïcisme €t dans l'ancien platonisme. Mais Plotin la pousse beaucoup plus loin que ces sectes ne l'avaient fait. Elles reconnaissaient dans les âmes partielles une multiplicité, une^
différence numérique. Plotin déclare toute multiplicité , toute différence numérique, inconciliable avec la nature*indivisiblc de l'âme du monde; et, à travers beaucoup de logomachies et de subtilités inintelligibles, il veut