‹ Du polythéisme romainChapitre 101 sur 134 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De Xénophane^ de $e$ disciples et d'Anaxagore.

Xa philosophie > en étendant ses recherches 3ur Ja substance, même des DjûeUx , avait^ comme nous Tavons dU ci-dessus, infirmé J'axiôme que les Dieu:( étaient éternels. Elle était dès lors nécessairement entraînée à examiner quelle avait pu être lorigine des Dieu;t- Elle ne pouvait éviter de rompre tôt ou tard avec la religion populaire sur cette question. I4îdée que rÊtre sorte du i^ant a fioujpurs été l*une de celles qui répugnent le [dus à l'intelligence. L'éternité des Dieux avait éludé jusqu'alors la difficulté; mais la question une fois posée sur la substance des Dieux et leur origine', la difficulté wreproduiAit dans toute sa force.

1 ^6 POLTTHÉISME;

XLéDophane de Golophoâ fut conduit à la trancher, en supposant lîétè^ité du niônde(i). Mais le prihcipe que rieÉ* né se fait de rien le côiiduisit bientôt à une secqfide conséquenbe, plus irréligieuse que la première. C'est que* ce monde éternel avait toujours dû exister dans le même état. Car Tidéexie changement implique toujours, à quelqufiis. égards, celle de création. Il supposa donc une substance unique, éternelle^ immuable; il lui donna le nom de Dieu. Mais cette appellation ne faisait pas que sa doctrine se rapprochât davantage de la religion populaire ; car il se mettait en opposition directe avec la mythologie reçue,en niant que les Dieux pussent naître ou mourir (â). Nous ne suivrons pas ce philosophe dans ses subtilités siir Timpossibitité du mouvement. Elles ne rentrent point dans notre sujet. Nous n'avons à rechercher que là naissance dé l'Incrédulité dans la philosophie grecque. Xénpphane fut le pftmier incrédule de la' Grèce. Mais comme aucune expérience ne pouvait l'éclairer encore

(i) Àrîst. de Xinophane , Zcnone et Gorgia. Cajp» 3i^^ Buhle de Ortu efProgressu 91 jMc-

(2) Meiaers , de Vero Qeo , p. Sa 8. .

liv. M. GiiAPk III. ^77

i^lir ïé dofiger de cette déTiâtien des opîaioiis i^çue^, il la professa simplement, «vec une enïïèi^ franchise, sans se douter des inconvéniens qui devaient en résulter. Ses concitoyens adoplifs, les Grecs d'Italie , furent si loin de le soupçonner d'impiété , qu'ils le consultèrent sur le dulte de différentes divinités. Les premiers disiciplés de Xénophane , plus conséquens peut* être que lui dans le fond de leur doctrine , se rapprochèrent néanmoins du culte public 'dans leurs expressions. Parménide employa les fables mytholo^ques dans l'introduction de son «ystême. Mélissus , qui pai^att avoir été phls mcrédule qtiè Xénoj^ane , puisqu'il ne combinait point l'idée de l'inteBîgenoe avec la substance du monde, donna néanmoins le nom de Dieux aux élémens et aux a nies des hommes (i).

l^ucîppe et Démocrite, bien qu a^gr^égés dans Thlstoïre de là philosophie grecque , à la secte dont Xénophane fût te fondateur , paraissent d abord s'être écartés de la manière la plus

(i) Siohaeus Ecl. phys, p. 60. — Sîmplicius ad, Ârist, •AusculL phys. I. 22. -^Diog, Laert. IX. 24«

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