‹ Du polythéisme romainChapitre 102 sur 134 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

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directe , de tous ses principes. Xéoqphahe ne teconDaissait qu'une substance unique et indivisible. Leucippe et D^émocrite admettaient un nombre infini d'atomes divisés, qui ne se réu* uissaient que fortuitement. Xénophane niait le vide et le mouvement. Leucippe et Démocrite .plaçaient leurs atomes daas le vide, et considéraient le mouvement comme la c^use de toutes les combinaisons de ces atomes. Si cependant l'on examine de près les deux systèmes^l'on trouvera que sous certains rapporta, ils se ressemblaient. Les atomes pouvaient être considérés com me une seule ^t même substance; reconnaître le vide, ce n'est pas'lvî donner une existence réelle, car le vide n'est qu'une négative, et le mouvement éta^ une conséquence de la doctrine du vide. Les résultats des deux systèmes étaient du reste parfaitement semblableâ. Les Dieux, les hommes, tous les êtres animés , toute la nature , dans les hypothèses xie Leucippe et de Démocrite comme dans •^^eUe de Xénophane , étaient composés de la même substance. Suivant ce dernier , ils n'étaient qu^ des formes de l'être unique qui seul existait réellement. Suivant les deux autres, ils ^'étaient que de^ combinaisons d'atomes^ seuls

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^res doués d'une existence réelle. Si l'on ajoute â ces considévBtion8,que Démocrite parait avoir affirmé que les atomes étaient doués naturellement de vie et d'intelligence, on trouvera moins de différence encore entre ces atomes et Tétre unique de Xénophan^. La privation d'intelligence des atomes (1), etJa supposition que l'intelligence est le résultat du mouvement et de la jonction fortuite d'êtres non intelligens, est la plus grande absurdité, peut-être même aux yeux de la raison, séparée du«Bentiment^ \a seule absurdité bien palpable dé la doctrine -des atomistes : et c*est Epicure , comme nous le dirons dans la suite , qu'il faut accuser de cette absurdité.

Les rapports de la philosophie avec le poly-

(i) Democntus porrd omnia ait quonâam habere animam, ■etiam cadapera. Plut, de PlaciL phUosoph* IV. 4»-— Uemor- Cfiiëis hoc distare in naturaUbus ab Epicuro dicitur, quod isit sentit inesse concursioni aiomorumvim quandamaubnàUm et spiritalem, quâ vi eum credo et imagines ipsas Divinitate prœditas dicere , non anrnes omnium rentm, sed Deortsm , et prin^ cipia mentes esse in urwersis quîèus Dipinitatem tribuit et aninumtes imagines quœ velprodesse nobis sokant, vel nocere, Epicurus verb neque aUqmd in prindpiis rerum pratter tUomos. Aiigust. Ep. 56.

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thëiime pb|<uld2ré étaient (h>nc fe^ mêmes dans lèè ôpintdtii de Xéiïophane et de Démoerite.

Ltê Dieut forinés de la même siibstaoce <|iie totis le^ êtres de Fntiivers, n'occupaient plus <}lt'utie place secondaire , au*desdôus de la ânbstâfacë, soit indivisible, soit divisible à Tinfini, qdi les composait; Le système de Démocrite était toutefois pla!( susceptible de se combiner àtec lé jpbly théisme que celui de Xénbphdne*' Riéti n'était moins contraire â ce système que de ^ujiposer qiie le concours de ces atêmes dbtlil^B de vie et d'întelligeilc^ pouvaiit donner tiàièsaticie à des élrës supérieurs à Thomme, èft (léft êtres poùtaient facilement être imaginés pareils aux Dieux qUe le polythéikne i<évè}e a l'^^ce faumaiiie. Nous, les vtsrrons faire ainsi partie des dogmes épicuriens ( i ) •

Là philbAipttie avait fait trois pas. Sous Thaïe^, élis avait détëtîMné fë Substance du monde. Souk Anaxiîriëkié et ïàtkt Pytha^Oi^e , elle avait rendu cette substance comihûâe âtii Dlë\ii et aux hommes. Sous X^énbpKàhe é^ sôù's D&mÔcrite, elle avait subordonné les Dieux et ïes

(i) Biible^ Cesch. der phiL J. i25.

Liv. y^. GHAr. m. iS^i

i^gar<}a# JtpHS les %e^ pat;tie^ P9\W^^ Rsul

. Awàxeif^^ co^|^lIlparaiQ de Démocrite { i ) ^ d'après les qieille^ur^ .calçi43 , fit faire â la pbîl^opfaie jan pas de plus, d^ns une direcUpja qui la ^ndit l>eai|<;ç^up plus religieuse, fliais qui, pi^ l|i V9éwfi, altt\ra sw oUe decla p^t d,u 6dc;erdace Mae h^^wfi ffai Jtie jfiQîrplus. Xéaophajie a,vai(; r^elé itous Iqs ^moig^ages de^ sctus. Jl ^vaUpiéla po^sîMUé dMWQ}i^eoi(^t U avait €iç^Bi(\évé J'univcurs .comme ya tQwt iodiyÎAib|le et homogène dans ^s^ pacliej^ , siftaot eut. qiuie le oiot de partie .puisse ,s^ ap • pliquer ; immobile enfio , étiE^ra.^!, Qt mmmble. I^e système d'Ajaaxagore.se.rappvophaç}^^ îdjfes communes. Il ne Jcefusa le jmouy^mçnt qu'à.Ja* matière. l\ en plaça le principe daps iWA^* intoHigeuce immatérielle (j ) : qt .qqmm^ UiP avait: cri^é cctde.înteUigeuce qiM? pftW(?5tpli-

•(i) D/o^'. Laeri, , IX 54..«— Bnuken, I. 1177.— Anaxagore naquit dans la première année de la 70* oljmpîade. (2) Plat. Pliaedon. §. i5. — Diog.Laert. H. ^. — Lucret. ï. 85o. — Arist. Métapb. I. 3. 5. Phys. auscolt; Hï. 4. VIII. I. De anim \, a, llermias irrisio Gent. 176.

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quer la première impulsion donnée au itmtidi^ et qtié jpbur cette explication , il n'avait besoin' que d'une seule intelligence y il en proclama Funîté. On petit regarder AnaxagAre, comme le yéritàble auteur du Théisme (2). Pour les mêmes raisons que nous avons alléguées cidessu», nous ne rapportons rien de^atitres^ opinions d'AnaxagOre, qui se contredisait fré-^ quemment dans le développement de son système, surtout au sujet de la nécessité, cette idée inséparable de toute hypothèse phîloso* phique, et autour de laquelle Fesprit humain s'agite toujours ^ et toujours envain, ne pouvant jamais ni s'en affranchir entièrement, ni la concilier d'une manière satisfaisante avec la touter puissance ou la bonté sans bornes d'un premier moteur intelligent. Nous aurons occa* sion de revenir sur cette matière en traitant de la partie morale de la philosophie stoïcienne. Il parait bizarre au premier coup-d'œil que l'incrédulité 9 PU si l'on veut, le panthéisme de Xénophane n'ait alarmé ni les prêtres ci les hommes pieux de la Grèce , eÉ'^ue le théisme d'Anaxagore ait excité leur courroux;^

{h) Voy^ note {M'écéd^nte.

inr. VI, GHAp; m. fSS

c'est que hk doctrine abstraite de Xénophai^ , en opposition directe , à la vérité, avec les dogmes de toute religion, était en même temps tellement éloignée des opinions populaires, et semblait confinée dans une sphère si différente, qji^elle ne pouvait les rencontrer nulle part, ]ÀHir entrer en lutte avec elles ; le théisme d'Anaxagore , au contraire y. biep que ce philosophe n'en fit qu'une hypothèse métaphysique , car il ne dcfnnait presqu aucun attribut moral à son intelligence motrice , et ne la désignait pas même sous le nom de Dieu ^contenait pourtant le germe d'une religion rivale. Les prêtres l'aperçurent ,. et Anaxagore fut persécuté.

Les disciples d' Anaxagore n'ajoùtèreiit rien à son système. Ils paraissent même avoir re« culé de quelques pas. Les esprits n'étaient encore nullement préparés au théisme. Diogènë d'ApoUonie et Archéiaûs l'Athénien confondirent Fin telligence immatérielled' Anaxagore avec Tair dont ils se compQsèrent un principe intelligent. Ils rétrogradèrent de la sorte un peu< vers les premiers essais de Thaïes, d'Anaxin^ène et de Pytha^^e, /

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