CHAPITRE fV
De Socrate.
H est difficile de déterminer avec certitude '^ s'il faut compter Socrate parmi lies art^is ou les ennemis du polythéisme. Plusieurs eavasis Y(mt regardé, d'après les récits de Platon, comme ayant adopté, tacitement au rooina^ le théisme introduit dans la philosophie par Ânaxagore. D'autres, sur Fautori^é de Kéno* phon , le consi^j^rent comme étant resté tou^ jours sincèrement attaché aus dogmes delà religion de son pays , et ne s'étan( proposé que d'en épurer et d'en perfectionner la morale.
Socrate, swrant Xéno phon , regardât les^ as-* très cooMiie dés Dieux , et< blâmait fortement Ana^gOre "de lent avoir refusé la nalure dir y me. Il affirmait qtteleâ( anciens pîoètèsiiiyttKHlogiques des Grecs, :Orpfaée, Homère ; Hésiode, ataient parlé par înspira^on divine. Il nepui^ sait ses preuves de rdxistenee de» Dieux , que dans les détails de la nature 4 d»Bs les apparences qui semblent indiquer un |>Ht^ et surtout dans la divination à laquelle il accordait une confiance sans bornes, et qu'il appelait le
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pAus grdtid des biens qfueles Dieux eà^sent ae^ cordé â Téèpèee hiMMtnë. Il c<m8uitait Iqs oracles, avec autaiM de crédulité qné le grec le pltid vulgaire. B interrogea IWade de Delphes , i>(>ur appiteodf é d' Apollon quelle était la iûeifleure de lotîtes les religions , et d'après la réponse qu'il reçut ^ il déclara que le culte de éhéiqué pays était 5 dans ce pays, lé cuke le plus agréable aux 'Dieux. Cette Opinion devait, à cette époque ||e runlverftalîté du polythéîâine^ le retenir dans dette Croyance. Xénôphpn nous raconte, qn'étant lui-'inêmë incertain- â'il «entreprendrait ^cm eitpéditSon d'Asie,' ceftit â Ce même èracte de Delphes queSocrate le ^envoya pour obtenir une décision ( i ) .
^ ©"après ces renseîgiiemens , feî nous accordions à Xénophon Une foi implicite,' tioûs lippetiërions Soetafe «lOn-séUtemebt un po*y^ théiste iMfaîla un polythéiste direct.
Quelques fcô'nsidérâtions nous portent à susprendrenotrfejugfettièntàcetégard. Xénophon pburrait bien ri-avôilr Connu qu'une partie des opitlions de son maître, et àtoh exagéré ces opinions, par ce qu'il en était encore plus imbu
(!) X<5noph. , Retraite des Dix Mille III: I. 5.
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que lui. Xénophoui^étâit persounellement î^ plu8 superstitieux des hommes. La divinatiou , les songes 9 les signes, les éternuemeus, le voL des oiseaux, tout lui paraissait destiné affaire connaître aux mortels les volontés des Dieux.
Il croyait posséder la science d'interpréter ces choses, et il y conformait sa conduite^ comme homme public et comme homme privé.
Je ne citerai pas, à lappui de cette assertion,, ce qu'il nous raconte de ^n refus dé la dignité de général , que les Grecs lui offrirent après la mort de Cléarque ^ refus qu'il motive sur la volonté do Jupiter, qui lui fut, ditil^ clairement manifestée (i). L'amour-propre de Xénophon rend â mon avis cette anecdote dou<* teuse. Mais nous le voyons ailleurs , craignant pour sa vie , qu'il croit menacée par les Lacédé-^moniens , et refusant néanmoins l'asile qui lut, est offert par le roi des Thraces , parce que le» entrailles des victimes lui commandent de suivre l'armée (2). Une autre fois, il s'obstin^ àr. retenir les soldats dans un lieu où ils manquent de vivres, parce que les sacrifices sont défavorar
(i) Retraite des Dix Mil. VI. i.