U. VI
UV. VI CHAP. IV. ïSj
bles y affrontant ainsi la faininepour ne pas irriter les Dieux (i^. Il n'est pas étonnant qu'un esprit reitipli de la sorte de toutes les superstitions populaires , se soit efforcé de les conciliier avec les préceptes du philosophe dont il s'honorait d'être le disciple.
Socrate, d'ailleurs, parait avoir proportionné ses enseignemens aux facultés de ses auditeurs ; et je soupçonnerais assez qu'il n'entretenait Xénophon que de ce qu'il y avait dan» sa doctrine de plus applicable â la vie commune.
Le caractère de Xénophon , tel que ses ouvrages , lus plus d'une fois avec attention , hous le font concevoir, fortifie selon nous cette conjecture. INous ne prétendons point disputer à Xénophon le mérite d'avoir été sincèrement attaché au sage le plus vertueux de la Grèce ; d'avoir conservé pour lui, pendant ses malheurs et après sa mort, une afiection courageuse et profonde ; de s'être consacré à vçnger sa mémoire ; enfin , d*avoir appris dans sesleçons la pratique de beaucoup de vertus publiques et privées. Nous le reconnaissons vo-
(i) Retr. des Dix Mille. 8. §. ii. la. i5.
iSfi POLTTHÉISME.
lotttfors pour ua écrivain plein de douceitr ^ d'harmonie et d'élégance ; mais iy>us se pou-^. Tons nous défendre de penser qn*m h iQoi»parant aux autres grauds hommes de la ipéme époique , il faut lui assi^er un ranglipCéri^nr» non-seulement quant à Tétendue de^ cooiQ^pr tions et à la fo^ce des facultés , ^luais aussi relativement à cette simplicité de cal^adiènev Fattriixut jparticulier des anciens. 8o|is le rapport de la vaui^bé , ce disciple de Socrate ^ert presque un imoderne. Il se la^^ perpéludle^.
ment entraîner au besoin de parler de lui , duA sa Reppaite dei dixmille^ mois^ument précicai^ sans doute , contenant des détails cmrieiuji^ ^ur uoe foule ,di9 peuplés , qui d'Ailleurs nous sont Pieu connUiS^r^t nous traja^mettant.un.taldeajii plein. d'intérêt des moeurs^ de la dîscipUne/et ()u )Courage d'nn^ petit nombre de: (kecs , qui semblent une île civilisée au milieu d'un^céao deisarbaï^. Xénophon.seipréacaitefCommGjiin ho^rnie toAiJQurs avjde de Jouer un Jrôle. d^ nous jentretî^t^t san^ cessée des tpcopuâilioiiii qu'il a faites*et qui n'ont pas été approuviéi^s , des cpAS^ils , qu'il a donnés et qui nQntijtoS^ été-suivis ; il*«'agite'de mille manières pour arriver au premier rang ; il se dédommage cm
LIV4 yu cHà*. IV. I Sf)
nous i^coMant; avec eomplaisataoe tout ce qui le eonGera^;:0a voit qu'il aime par-dessus tout â £i occuper dé lui-même» et que le récit de ses e0brls inutiles a pdur lui presque autant de charmes qu en aurait eus Thistoire do ses siiccèSk GetCe vanité de Xénophôn enlève ^ ce nous seitible^ à ses) ouvrages^ ce qui constitue le charme dtstinctif de Fantiquité, ce qui en fait de nos jours lasile des esprits élevés et des âmes fièrdB : c'èsf-à-ttire y une simplicité noble 4 non* seuleliiént dans lés paroles , maid dans les ihtèntions et dàsfs la coliduite ; un dévouement complet et pur de tout égoisme ; enfin et sur^ tout ^ Tabdenca de cette fureur é^ faife effet , ^ui dégrade tîout ce ^fue nolis ifoyimé , q«i rafletisde tout Ce qui nous eatQwe , qui fôâd ûaapodsîble toute associa tiotPRiancih^,l:o«t «concours généreux, toute impulsion désintéressée. L'on est péniblement étonné , €ia le lisant ^ davoir reculé au-delà de vingt siècles ^ pour ne retrouver qu'un contemporain i et l'on côaiprétod^ sans [ieine leomioent les Spartiates » de tous les peuplés \e^ plus étrangers à la Vanité^ les fhxs disposés à s'oublier eux^^toAnes pour fi^er leu^s regains sur le btet coixunun » leB ^lus exempts de cette inquiétude étrcHte et
190 POLYTHEISME.
personnelle qui se propose mille petits buta et s'agite en tous sens pour les atteindre , c<mçttrent contre cet Athénien une malvetllance qu'il a représentée comme de l'envie.
Le caractère de Xénophon se retrouve , avec tous les inconvéniens qui en résultent pour la fidélité historique , dans son apologie de So« crate. il ^|pst toujours occupé à nous ^ipprendre que Socrate lui en a plus dit qu'à tout autre ; il se proclame le seul dépositaire fidèle de la philosophie de son inaltre , le seul qui l'ait entendue], le seul qui soit capable de nous la transmettre exactement.
Platon, de l'autre part, a prêté certainement à Socrate des opinions subtiles que ce philosophe n'avait pas. L'un des disciples de Socrate a fait eir|>lus ce que t'autre a fait en moins.
Xénophon nous a donné, comme l'ensemble de la philosophie socratique, ce qui n'en était qu'une partie , tandis que cette philosophie même n'est qu'une partie du système d^ Platon. Socrate me parait avoir été moins superstitieux que l'un de ses élèves , mais , en même temps, moins abstrait que l'autre. s Quoiqu'il eut sous les yeux le théisme d'Ânaxagore , il