‹ Du polythéisme romainChapitre 105 sur 134 · UV. IT CHAP. IV · texte numérisé non relu

UV. IT CHAP. IV

^e s*éleva point au-dessus des notions tfo polythéisme : son opinion sur la métaphysique mettait un obstacle insurmontable à ce qu'il Venrichît des découvertes de ses prédécesseurs dans celte science. II regardait toute recherche, toute investigation, toute hypothèse sur r origine ou la matière première du monde , comme une témérité et presqu'une folie. Le mot de Dieu , fréquemment employé au sinl^ulier par les écrivains qui ont traité de sa doctrine , ne prouve nullement qu'il reconnût l'unité d'un Dieu : ce mot désigne souvent chez les Grecs et les Romains l'ensemble des Dieux, considéré dans les qualités qui leur étaient communes , et sans égard pour celles qui étaient particulières à chaque divinité , comme on emploie parmi nous le mot de gouvernement toujours au singulier, soit qu'on parle d'une république ou d'une monarchie. Nous n'avons pas de mot collectif du dKme genre dans notre langue religieuse , parce que nous sommes des théistes , qui avons conservé de la lutte soutenue par nos ancêtres, il y a dix-huit siècles, l'habitude de prendre des précautions contre le Polythéisme, bien que détruit depuis longtemps. Nous ne nous en apercevons pas nous-

ménil^ l mais , dan^ notre laiigage , nous parais^ soDS atoir encore peur d'tui ennemi qui n'existe plus. Il est impossible de nier entièrement le respect de Socrate pour la divination et pour les oracles.

INom retrouvons des traces de ce respect ^

même dans Platon. Les opinions reçues ont un

prodigieux empire. L'esprit de chaque siècle

pèse plus et plus long-temps qu'on ne pense

sur les hommes éclairés qui écrivent pendant

sa durée. Grotius, dans le dix-septième siècle»

cherchait la démonstration de la religion cbr^

tienne dans les merveilles de TastrcJogie (i).

On raconte la même chose de Mélanchton, bien

que la qualité de informateur rei^e sa crédulité

à cet égard plus singulière encore (2). Userait

possible que l'hommage rendu par la Pythie.à

Socratie, en àe déclarant le ply^ sage des hom-*

mes , n'eût pas peu oontribué à sa confiance

y dur les «oracles , et 4|ue bo^ amour-propre fût

vënu^ smtë qu'il s'«n rendit çonp^pte , fortifier ja

oonvictien^

iL'on s'étonnera peut-être de la persécution

(i) ^TOt. , de Tet, rel. cJa^idinœ^ •(2) Bayie , Art. Meiancfatoa.

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