LIV. Vrirf tlHA^. II. JlS
s'encourager ao cHoïe, verser des matix siM nombre et ^ur le maître et sur les sufetfc. Il l'aTait vu, dans Uû jeune bètnme , edrrDm|>ré des disj^itions heureuses, flétrir liiie àmt enfcore neuve , et He laisser au màlheuireuji » rretfmè de ses funestes faveurs , tA modération dans te pouvoiir, ni côùràgé dariSlInfoïrtune. Il l'avait enfin vu , dans deux hommes d*esprît , pervertir leis doûà de la nature, tran^* former la prudence en àiàchidvélisme , Texpérîence en mépris de Tespèce liumâîhe , Ta* mour et la ^oire en démetice, l*ainour-ptoplré en férocité. Nul né pôuVàît mieux c^ue lUÎ Ju* ger de ies eiffets.
L'on a douté si Pls^ton devait ètVt rangé parmi les philosophes dogmatiques, ûu parmi les philosophes sceptiques (i). Une phrase de Cicéron semble annéncèr que cet écrivain penchait ver^ la dernière opinion. Mais Vincer-titude qu'il avait remarquée dans les lî vîtes de ' Platon ne ressemble eii rien au sc€|)ticismie tel qu'on le conçoit dans l'acception commuiMKl'iu mot. Platon croyait que l'intelli-
(i) In Platonis libris nihil affirmatur» quaeriturde omtiîbaÉyfiilcérrîdicîtar.CicER. jicad, Qum^t. 1. 1.
2l4 POLYTHEISME.
gence de rhomuiÊ s'obscurcissait en s'unissant avec la matiète ; qu'en conséquence, l'esprit perdait, par leur amalgame avec le corps, la connaissance de toutes choses, connaissance inhérente à la nature , et résultant de &Qn origine immortelle et céleste ; qu'ainsi la science qui lui venait par les sens^ et l'ex-^ périence , n'était pas une science véritable, qu'elle était seulement une^ réminiscence mêlée de beaucoup d'erreurs. Mais il ne niait p(>int, comme les sceptiques, l'existence de la vérité ; il ne disait point, comme €ux, que l'homme devait renoncer à la découvrir.
Si l'on rassemblait les assertions religieuses de Platon , répandues dans ceux de ses ouvrages qu'on peut appeler théologiques , l'on y trouverait beaucoup de contradictions :. tantôt il semble raisonner en conséquence de ses principes abstraits, tantôt conformément à la croyance reçue. Ces contradictions s'expli'^ quentpar les motifs qu'il avait de ne s'exprimef sur les questions relatives à la religion qu'avec ambiguité et réserve. Ce n'était pas seull^cnt à cause des difficultés du sujet, difficultés dont il connaissait toute l'étendue. Il est malaisé , dit-il dans le Timée , de découvrir l'auteur et