‹ Du polythéisme romainChapitre 112 sur 134 · LIV. VII. CHAP. II. 2l · texte numérisé non relu

LIV. VII. CHAP. II. 2l

le père de Tuaivers, et, après l'avoir découvert , il est impossible de le faire concevoir au peuple. Mais de plus , TasceadaDt du sacerdoce empêchait la philosophie de s'énoncer en liberté. Les écrits de Protagoras , brûlés sur laplace publique d'Athènes ; Anaxagore, mort dans l'exil, l'olympiade même de la naissance de Platon; Socrate , enfin, victime plus récente des persécutions sacerdatales , et l'objet des inutiles regrets d'un peuple mobile : tous ces exemples, accumulés dans le court espace d'un même siècle , et dans les murs de la même ville , faisaient sentir à Platon la nécessité de la prudence. Son but fut doue, en exposant , avec la clarté permise , ses sentimens véritables, et en suppléant à ce qui manquait à cette clarté par des insinuations détournées et des ironies fréquentes, d'entourer son système d'une sorte de rempart, emprunté de la mythologie populaire. U supposait un Dieu suprême , éternel , immuable , exempt de tout vice et de toute erreur, source de toute connaissance et de toute perfection, le plus juste et le plus heureux des êtres, se sulDfisant à lui-même, unique enfin, parce qu'il aurait, disait-il, été contradictoire de

2i6 POLYTHÉISME.

supposer plus d'un être investi de ces attributs* Ce Diea, créateur de l'univets, par ua motif de bonté, avait délégué à des dieux inférieurs qui Jui devaient la naissance , les détails de la création. Les hommes n'avaient de relations immédiates qu'avec ces dieux subalternes , ou même avec les démons , seconde espèce d'intelligences interméidiaires. Les ânïes ées hommes étaient immortelles ç existant avant leur entrée dans les coips ter-^ restres, elles devaient survivre i la dissolution de ces corps. Elles étaient soumises à des châtimens, bu recevaient des récompensés, suivant leurs actions dans cette vie; et Platon racontait, d'après une tradition probablement orientale, qu'habitantes des astres^ avant d'à-voir été renfermées dans une enveloppe n^atérielie , elles remontaient vers tes brillantes demeures, si elles avaient travaillé avec succès à se rapprocher de leur pute té prinjîtive^ ou passaient dans des corps pjus grossiers encore, si elles n'avaient fait ^ur cette terre que s'éloigner davantage de leur antique dignité.

Certes, nous ne croyons pas avoir, en si peu de mots, exposé d'une manière satisfaisante, même la moindre partie du sys-

Page 1