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épouvanté des termes imparfaits et grossiers qu'il emploie ? et si la parole de la prière n'est pas un interprète asseï pur, comment l'encens de l'autel et la victime du prêtre ^ comment le dogme et le rite répondraient^ils à la céleste délicatesse du cœur ?
C'est là sans doute un optimisme d'enthousiaste , si ce n est une utopie d'opposition ( utopie, qu'expliquerait peut*être cette habi-* tude d'idéaliser jusqu'en politique qui marqua les dernières années de Tauteur) ; mais qu'il j ait eu dans TécriTain opposition ou enthou^ siasme ^ la conscience religieuse avoue son langage..
Sans doute on peut demander si la religicril qu'il professe n'est pas trop subtile pour l'es*^ pèce humaine i et si par-là il n'enlève, pas à celle-ci la réalité de cette auguste suprématie, qu'il lui recpiviait en théorie? Mais entre le oui d'une religion formulée et le non de l'injcrédulité absolue , ouy a-'b-il donp pa» un treisîèaift? A cette demande la rëfKmse est
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faite, et si, entre le dogme grossier d'une secte et la pureté du sentiment religieux, il y a un intervalle, entre la théorie du sentiment re* ligieux et Tincrédulité , il y a un abîmg. II y a même un abime entre ce sentiment et Findifférence.
Entre une religion établie et cette de Benjamin Constant il n'y a donc d'autre débat que celui qui peut ea:ister entre; un sentiment qui a pris une forme et un sentiment qui en cherche une. H n'y a pas moins, mais il^ne sau-^ rait y avoir plus, puisque, dans la théorie de- Fauteur^ il faiit de toute nécessité que le sentiment religieux prenne une forme quelconque.
Tout se réduit dès lors dans la pratique à une simple question de tolérance , question fastidieuse, que nos lois ont >ugée ; et qu'elles ont été forcées de résoudre , parce que nos mœurs depuîalôBg^temps t'avaient léaiAlue.
C'est pourtant id, en se rattachant: i nos mœiHrs, que les faits de la conscience reli-. gieùse constatés par Benjamin Gonstaot^ se
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présentent sous leur point de vue le t)lus curieux, et que la bannière qu'il arbore a le plus surpris l'opinion du siècle.
En effet, le droit de se déclarer pour ou contre une forme quelconque n'était réclamé si vivement, que parce qu'on pendait que les formes étaient tout , que derrière le masque il n'y avait qu'un cadavre. Il j a eu d'autres motifs # on le sait ^ mais ceux-là^ s'étaient en général peu prononcés. *0r, aussitôt le principe proclamé, voilà que , du camp même qui combattait les forme's avec la persuasion qu'après elles il n'y avait plus rien à vaincre , il sort un homme qui se constitue le défenseur ou le panégyriste de toutes les formes et qui, tout en montrant l'imperfection de toutes , établit leur indispensable nécessité. D'une main hardie, il enlève le masque, mais où Ton n'avait supposé qu'un cadavre , il découvre un corps plein de vie , de puissance, de divinité. D'autres avaient jeté le moule avec la statue ; il brise le moule et