‹ Du polythéisme romainChapitre 122 sur 134 · LIV. VIU. CHAP. f. nSl · texte numérisé non relu

LIV. VIU. CHAP. f. nSl

encore par les sentimens qu'il inspire, que par les actes immédiats dont il est la cause. L'ha^ bitude de tout calculer pour son propre avan^ tage , est bien plus immorale que telle action particulière, quelque coupable qu'elle paraisse. L'homme qui s'immole à son devoir ne croit point en agir ainsi pour son intérêt , et par cela même qu'il ne croit pas le faire , il ne le fait pas. Si tous lui persuadez qu'il s'aveugle, et que l'égoïsme seul le dirige , TOUS lui causez un mal réel, un mal positif , car TOUS l'encouragez dans une habitude avilissante , en lui persuadant qu'il ne peut s'af^ franchir de cette habitude. Lorsque l'usage et la raison commune attachent à un mot une signification déterminée, il n'est point indifférent de changer cette signification. L'on explique yainement ensuite ce qu'on a youla dire : le mot reste et l'explication s'oublie. Employer la même expression pour indiquer le principe des actions nobles et celui des ac«tions basses , c'est délivrer le vice de son opprobre, c'est arracher à la vertu sa fierté, c'est ôter à l'âme la partie la plus propre à l'élever au-dessus d'elle-même, celle qu'elle est capable de sacrifier. C'est enfin tout niveler,

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tovit dégrader, tout flétrir. Voilà, ce me semble, UD jeu de mots chèrement payé.

Xe Polythéisme ne retira point des imperfections de la roétjliaphysique et de la morale épicurienne les avantages qu'il aurait du naturellement eu retirer, parce que cette morale et cette métaphysiq^ue ne se présentèrent sous une apparence philosophique , que lorsque les bases du Polythéisme étaient ébranlées. Le principe que tous les êtres intelligens sont nécessairement dirigés par des vues intéressées , aurait pu suggérer une réponse plausible à toutes les objections des incrédules contre l'exigence et la corruption des dieux, mais ses objections avaient passé du caicactère des dieux à leur réalité même. Il n'était plU^ temps d'expliquer les motifs de leurs actions lorsque leur existence était contestée. Parmi les opipions, comme parmi les ho n^mes, t^ut tourne au profit de la puissance. Lorsqu'une opinion est dominante, elle force toutes les idées contemporaines à se grouper autour d'elle et à la servir. L'incrédulité s'empara de Irliypothèse 4'£picure sur ^s atomes ^ comme plus à sa portée que le Polythéisme dç Xénophon, bien que beaucoup plus s^b'-

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