LIV. VIII. CHAP. I
8urde. La chute de la religion parut de la sorte aux siècles postérieurs Touvrage d'Epi* cure y tandis que cette chute ne fut qu'un effet nécessaire, inévitable de la progression naturelle des idées. Son résultat fut, d'une part , un matérialisme grossier, le seul vraiment absurde , dont les doctrines grecques nous donnent un exemple; de l'autre part, une moraie étroite , ignoble , fondée sur un sophisme propre à détruire toute générosité, à représenter tout déyoûment comme chimérique , à priver l'homme de l'appui même de son estime intérieure.
L'école d'Epilifure occupe un rang funeste dans les annales de l'esprit humain; tandis que toutes les autres sectes travaillaient à fournir à l'homme de nouveaux motifs de vertu, pour suppléer à ceux qui s'affaiblissaient avec la religion ébranlée, cette école vient répandre le soupçon, la défiance, le découragement, la sécheresse dans toutes les âmes. Tous les hommes avides^ ou fatigués des plaisirs^ tous les cœurs sans force , tous les esprits insoucians , tous ceux qui cherchaient une excuse plausible pour se d4pcher de la cause de l'espèce humaine , se précipi*
a54 DU POLYTHEISMS.
tèrent daas cette doctrine , fiers d'avoir des argumens à produire, en fayeur de Tavilissement et de l'apathie, et charméS'de se dire philosophes, tandis qu'ils n'étaient qu'usés , faibles , et flétris.