‹ Du polythéisme romainChapitre 124 sur 134 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Des Sceptiques et des Stoïciens.

On peut considérer les trayaux d'Epicure comme les dernières tentatiyes de l'esprit systématique dans la philosophie^ grecque, pour établir un corps <le doctrine qui eût des prétentions à la nouveauté: ctr les stoïciens, de leur propre aveu, n'avaient, dans leur métaphysique, rien qui leurappartînt en propre, ou qui fût de leur invention. L'origi*nalité véritable n'étant plus possible, il ne restait que deux moyens d'en reconquérir l'apparence, le premier consistait à concilier, tant bien que mal, toutes les opinions antérieures ; le second à rejeter indistinctemen4lutes ces opinions. L'un de ces moyens fut embrassé par les stoïciens , l'autre par

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les sceptiques. Nous pa^^rons d'abord dé ceux-ci , parce qu'ils furent antérieurs aux stoïciens. .,»

L'esprit humain s'était 'agité pendant près de trois siècles, adoptant et repoussant tour à tour les suppositions les plus opposées ; des hommes studieux, ingénieux, sayans, lui avaient présenté comme des yérités incontestables des opinions que , peu de temps après d'autres hommes , non moins studieux, non moins ingénieux , non moins savans , avaient combattues comme de misérables chimères ; plus la pensée avait redoublé d'e£forts , plus l'incertitude avait augmenté. Les assertions s'étaient multipliées, mais avediles assertions les doutes s'étaient accrus. Les formes mêmes de la langue avaient acquis une facilité merveilleuse à confondre toutes les idées. Le premier objet des recherches des plus anciens philosophes, la matière élémentaire du monde^ était devenu beaucoup plus difficile à concevoir que lorsque ces recherches avaient commencé. La terre dePhérécyde ; l'eau de Thaïes ; l'inconnu d'Anaximandre ; l'air d'Ânaximène ; les nombres de Pythagore } le feu d'Heraclite.; rinfini de Xénophon ; Iç feu et l'eau d'Hîp-

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pon de Rhégiumgtle feu et Taîr d'Œnopide ; le feu, Teau et la terre d'Onomacrite l%rphiqiie ; l'eau , la terre , Tais^et le feu dTÈtnpédocle; les atomes animés de Démocrite; les atomes inanimés d'Epicure ; les élémetis homogènes d'Aûaxagore ; les corpuscules in- • divisibles de Diodore de Carie ; les molécules sans forme d'AcIépiade; les idées prototypes de Platon, et mille autres hypothèses dont l'énumération serait fastidieuse, effrayaient, étourdissaient Timagination.

Je ne rapporte point ici ce long catalogue d'opinions discordantes, pour jeter du ridicule sur les méditations de l'antiquité : des esprits superficiels Wï jugeront de la sorte ; ils appelleront hardiment cet emploi de rintellîgence, absurde et puéril, sans jeter sur eux-mêmes un regard qui leur rappelle l'emploi tju'ils'en font. Quant à moi , je me suis forcé d'estimer des hommes qui se vouaient a des traraujt désintéressés; des hommes, qui , se proposaht des décotivertesr impossibles , recueillaient sur leur route beaucoup de connaissances précieuses ; des hommes qui ^ s'ils avaient un but chimérique, n'avaient pas au moin^ pour but un ignoble égoîsme ;

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enfin y des hommes qui mettaient souvent, il est vrai, les mots à la place des choses , mais qui renfermaient cet abus de Tespritulana une sphère toute idéale., Il a^eiisté dans d'au-? très siècles des sophistes plus dangereux, qui, transportant leurs subtilités sur le terrain de la vie réelle, en. ont fait une espèce de mi-> lice invisible et mercenaire , auxiliaire , avide et lélée du pouvoir juste ou injuste , et mar« chant à sa êuitè , comme les chanteurs payéf dans les cérémonies publiques , pour enton<ner , au signal donné , des hymnes et des cantiques. C'est contre ces derniers , ce me semble , qu'il faut réserver notre indignation.

Mais , en nous refusant à prononcer un jugement injurieux contre la portion la plus éclairée de la nation la plus ingénieuse, nous conviendrons sans peine que les travaux des philosophes grec^ devaient conduire au doute l'esprit qu'ils promenaient depuis si longtemps de conjectures en conjectures. Ce fut ce résultat que les sceptiques proclamèrent (1 ) .

Leur école ne fut d'abord qu'une subdivision du platonisme* Les disciples de Platon ■ ■Il " I >■ I ■■ I > i i«ii.i>

(1) y. Sexte TEmpirique, Diogène Laèrce, et, pour

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